Saturday, October 02, 2004

Che Guevara
Le guévarisme n'est pas un humanisme

Le messianisme a la vie dure. Malgré l'échec des révolutions et les ravages des nationalismes tout au long du XXe siècle, l'illusion persiste sous forme de mythologies qui semblent survivre à tous les aléas. Personnalité en incessante évolution, Ernesto Che Guevara (1928-1967) reste un mythe inoxydable, inséparable d'une aspiration récurrente à la rédemption ou à l'utopie.

Loin de réduire sa portée, les revers répétés de Guevara sur tous les terrains où il a exercé son action alimentent le culte romantique et christique du sacrifice. Faute de pouvoir défendre ses idées, pas plus que ses faits et gestes, la transmission de l'héritage est désormais véhiculée au nom de valeurs humanistes ou morales. Carnets de voyage, le beau film de Walter Salles, s'inscrit dans cette logique d'autant mieux qu'il évoque le jeune Argentin d'avant l'engagement politique, débarrassé de tout ce qui prête matière à controverse.

Avant d'accumuler les défaites, le prestige du "Comandante" découlait d'une victoire, la révolution cubaine de 1959. Pourtant, indépendamment de son rôle dans la bataille de Santa Clara, le seul stratège de la Sierra Maestra a été sans conteste Fidel Castro, qui s'est appliqué à élargir le front anti-Batista en entretenant les ambiguïtés politiques, ce que le Che acceptait mal.

Même pour ceux qui l'ont tant aimé, que reste-t-il de ce triomphe, quarante-cinq ans plus tard ? L'épopée s'est muée en sauve-qui-peut. La faillite du socialisme castriste rejaillit inévitablement sur l'ensemble du processus. Ses étapes successives, l'imparable descente aux enfers ne dispensent point d'une interrogation sur l'origine de la dictature.

PRÊT-À-PENSER

Sur le plan militaire, Guevara s'est fait lui-même, par ses propres écrits, le propagandiste des enseignements de la guérilla, tout en persistant à la dépouiller d'une compréhension des facteurs politiques qui avaient favorisé le renversement de Batista. Le charisme de l'auteur a transformé ces "théories" et généralisations hâtives de l'expérience cubaine en véritable prêt-à-penser pour plusieurs générations de Latino-Américains qui sont allés allégrement au-devant de la mort, sans que le sort de leurs semblables s'améliore pour autant.

A ceux qui plaindraient les épigones - deux fois coupables : d'avoir échoué et d'avoir simplifié les leçons du maître -, il faudrait rappeler les désastres auxquels Guevara a été directement mêlé. La guérilla du nord de l'Argentine a été anéantie avant de s'être mise en position d'agir. Son aventure en Afrique serait pitoyable si elle ne révélait à quel point il pouvait mépriser le contexte social et culturel qu'il prétendait mettre en branle. Enfin, le dénouement tragique de la guérilla en Bolivie, avec la mort du Che et de nombreux compagnons, ne saurait faire oublier son ignorance têtue de la situation du pays, et notamment des paysans, sur lesquels il voulait s'appuyer.

Sur les deux questions clés qui ont déterminé l'évolution de Cuba, le socialisme et les relations avec l'URSS, il n'a guère été plus lucide. Railler aujourd'hui un Fidel Castro en phase terminale pour ses extravagances est facile. Lorsque Guevara était le responsable de la Banque centrale et le ministre de l'industrie, personne n'incarnait mieux que lui le volontarisme à outrance, le dédain des réalités économiques et sociales, la désinvolture vis-à-vis de la démocratie. Contemporain de l'invasion de la Hongrie et du rapport Khrouchtchev au XXe congrès du Parti communiste soviétique, il a professé un prosoviétisme inconditionnel, puis une conversion tout aussi aveugle aux vertus de la Chine maoïste, tempérée d'un tiers-mondisme attrape-tout.

Les exégètes d'Ernesto Che Guevara trouvent une dernière ligne de défense sur le plan individuel et psychologique, exaltant la force de caractère, l'idéalisme, le courage, l'éthique, l'humanisme, l'exemple moral. La fascination pour un personnage complexe, qui a contribué à bâtir son propre mythe, peut se comprendre dans un monde en quête de sens, à condition de ne pas en évacuer les aspects dérangeants.

MACHINE À TUER

Après avoir joué un rôle fondamental dans les options de développement de La Havane, est-ce faire preuve de courage politique que d'abandonner l'île, sachant qu'il était le seul dirigeant à tenir tête à Castro ? Le Lider Maximo était ainsi conforté dans sa position de dictateur absolu.

A une époque où la manipulation idéologique de la pulsion de mort est devenue un phénomène de masse avec les kamikazes, est-il toujours possible d'admirer l'équipée suicidaire en Bolivie ?

Outre tout ce que charrie le volontarisme dans une dictature, peut-on assimiler à des valeurs humanistes l'enthousiasme du Che pour la peine de mort, sa participation personnelle à la tête des pelotons d'exécution, la privation de nourriture en guise de punition dans la guérilla, le discours de haine au nom de la "pureté révolutionnaire" ?

Dans le système répressif mis en place à Cuba, Guevara a non seulement justifié l'embrigadement, l'étouffement des libertés et l'enfermement des "déviants", mais il y a mis la main à la pâte. La notion de "pureté" est d'ailleurs une des plus ignobles machines à tuer inventées par l'homme, depuis la "pureté de sang" chère à l'Inquisition hispanique jusqu'aux camps de la mort des totalitarismes contemporains.

L'éthique et la fraternité ne sortent sûrement pas revigorés avec des choix pareils colportés en contrebande. Le messianisme n'est décidément pas un humanisme.

Paulo A. Paranagua

Friday, October 01, 2004

Les bons dhimmis....
Group holding Iraq hostages pays ‘tribute’ to French stand on Iraq
DUBAI, Sept 29 (AFP) - The Islamic Army in Iraq, holding two French hostages, praised France's stand after it called for a US-proposed conference to address the issue of a US troop withdrawal, in a statement Wednesday on the Internet.

"The Islamic Army in Iraq pays tribute to the French government for its positive initiative towards the Iraqi people despite its deplorable history," said a statement posted on the group's website.

"We hope this heralds a new era of comprehension of our causes and respect for our priciples," added the statement posted on the website

The statement, however, made no reference to hostages Georges Malbrunot and Christian Chesnot, held by the group since August 20.

A French national who claims he has secured a deal for the captives' release said Wednesday that he was waiting for US authorisation to extract the pair by air. "I have met the two hostages ... The release is a done deal, without any ambiguity. There have been no negotiations, and no compensation," Philippe Brett, who was in Iraq, told AFP by telephone.

The French foreign ministry has so far denied any knowledge of an agreement to free the Frenchmen.

France, which took the lead in opposing the US-led intervention in Iraq, said Monday that while it was not against the US proposal for an international conference, any meeting should also discuss the withdrawal of US-led forces and include the armed opposition.
France 2025 Posted by Hello
Un racisme ordinaire......

Le père marocain avait tué sa fille trop libre

Un couteau «énorme», «immense», «tellement grand»... Devant les assises de la Haute-Corse, hier, aucun adjectif ne semblait à la mesure de l'arme avec laquelle Mohamed Loulichki, un Marocain de 51 ans, s'est acharné sur sa fille Latifa, le 2 novembre 2001 : ce couteau très affûté qui lui servait à égorger ses bêtes et qu'il a, ce jour-là, enfoncé à huit reprises dans le corps de la jeune femme de 24 ans au bureau de poste de Galeria, près de Calvi, sous les yeux horrifiés de plusieurs personnes. Ces témoins, employés et clients de l'agence, ainsi qu'une amie de la victime se sont succédé à la barre pour raconter la «boucherie» – selon le terme du président Michel Huyette – à laquelle ils ont assisté.

Entre deux sanglots, Aurore, l'amie, a raconté «les cris» qui l'ont attirée dans le bureau de poste, ce matin-là, puis le spectacle de Latifa «recroquevillée à terre, son père, au-dessus d'elle, s'acharnant...» Latifa n'en a pas réchappé. «Nous avons cru qu'elle pouvait être sauvée... Mais, quand on a soulevé son pull, on a vu que c'était fini.» L'émotion brise la voix de la jeune femme chez laquelle Latifa s'était réfugiée, quelques jours avant le drame, «en pyjama et pieds nus», répétant : «Mon père va me tuer. Il a dit qu'il le ferait si je partais avec Pierre.»

Car Latifa avait décidé, après plusieurs mois de liaison, de vivre avec ce jeune homme du village, sans parler mariage. Ce 2 novembre, à La Poste, elle venait retirer de l'argent pour partir avec lui sur le continent. Cette liaison avec un non-musulman est-elle le mobile du meurtre, comme tente de le déterminer le président Huyette ? L'accusé affirme, dans un français hésitant, qu'il n'a «jamais voulu la marier au Maroc», que sa fille «pouvait choisir son mari, corse, français ou arabe», que c'était «égal si c'était un vrai mariage». Mais, ajoute-t-il, «ce garçon-là, je ne le connaissais pas». «Faux», assure Aurore, affirmant que Latifa avait parlé de sa liaison à son père et qu'il faisait plus que la terroriser.

Mohamed Loulichki peine à s'expliquer. Il jure qu'il ne voulait pas tuer sa fille, qu'il avait un couteau pour sa sécurité parce que trois amis de Latifa l'avaient menacé, et qu'il était allé à la poste «pour discuter». «Elle m'a parlé comme si je n'étais pas son père, j'ai perdu la tête».

Sous le feu des questions, l'accusé lâche qu'il voulait «l'empêcher de faire quelque chose d'humiliant pour la famille», que Latifa «buvait», «se droguait», «couchait avec n'importe qui». Des propos en totale contradiction avec le portrait, dressé par les témoins, d'une jeune femme «posée, souriante», qui «travaillait et avait une vie de couple stable». Qui voulait aussi s'émanciper de la tutelle paternelle «sans rejeter la culture familiale», a voulu préciser le président Huyette. Et d'ajouter : «Vous n'êtes pas le premier père d'origine nord-africaine dont la fille élevée en France adopte un comportement occidental, pas le premier à en souffrir. Mais tous ne les massacrent pas à coups de couteau.»

Suite des débats aujourd'hui, verdict ce soir.

La France multi-culturelle???? Une reussite a n'en point douter.....Encore une victime de La Grande Utopie Humaniste. Elle n'est pas la premiere et certainement pas la derniere.....