QUEL MERDIER !!!
L'armee qui en prend
plein la gueule en Cote d'Ivoire (Not In Our Name), Y.Arafat, Grand Ami De La France, en etat de vie
artificielle/mort relative dans un hopital militaire, une economie moribonde, des meutes de Chances Pour La France qui hurlent "Mort Aux Juifs" et n'hesitent pas a passer aux actes, Tout-Va-Pour-le-Mieux (A repeter 100 fois au reveil tous les matins) !!!
Il semblerait aussi que le modele d'integration Europeen
prenne un peu la flotte aux Pays-Bas:
Une école coranique a été endommagée par une explosion et plusieurs mosquées ont été la cible de tentatives d'incendie au cours des dernières 48 heures. La police lie cette vague de violence à l'assassinat la semaine dernière du réalisateur Theo Van Gogh, tué par un extrémiste islamiste présumé.
Une explosion a endommagé l'entrée d'une école coranique, lundi 8 novembre, à Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas. "L'explosion s'est produite vers 3 h 30. Il n'y a pas de victime mais l'entrée de l'école a été sérieusement endommagée, les vitres ont été soufflées de même que les vitres de certaines maisons du quartier", a déclaré une porte-parole de la municipalité, Marian Jentjens.
La police estime qu'il pourrait s'agir d'un attentat lié à l'assassinat mardi du réalisateur Theo Van Gogh, auteur d'un film qui critique le traitement des femmes dans les socités musulmanes, et dont le meurtrier présumé est maroco-néerlandais. L'explosion s'est produite en pleine nuit, et la police a dit avoir reçu des menaces visant les institutions musulmanes après le meurtre de Theo Van Gogh, assassiné mardi dans une rue d'Amsterdam.
Alexander Sakkers, maire d'Eindhoven, a déclaré à la chaîne de télévision NOS que "cette attaque stupide ne devait pas faire monter la tension entre les communautés composant la population". L'école coranique est située près d'une mosquée à Eindhoven et a déjà été la cible d'une attaque par le passé.
CLIMAT D'HOSTILITÉ
Cet acte de violence fait suite à plusieurs attaques dirigées ce week-end contre des mosquées, sans faire de dégâts importants. Dans la ville de Huizen, près d'Amsterdam, la police a arrêté, samedi matin, trois personnes qui étaient en train de provoquer un incendie dans une mosquée. Elles ont été prises sur le fait par des représentants de l'édifice religieux. Les forces de l'ordre ont aussi arrêté, dimanche matin, un homme qui tentait apparemment de mettre le feu à une mosquée de Rotterdam. Seule la porte du lieu de culte a été endommagée. Des tracts insultants ont été placardés sur une autre mosquée du grand port néerlandais. Et à Amsterdam, un centre d'accueil d'immigrés a été barbouillé de peinture rouge.
Des manifestants d'extrême droite ont défilé à Amsterdam et à Rotterdam pour décharger leur colère après l'assassinat de Theo Van Gogh. Le gouvernement a lancé des appels au calme dans un climat d'hostilité grandissante à l'égard des étrangers. Près d'un million de musulmans vivent aux Pays-Bas, dont ils forment environ 6 % de la population. La plupart sont originaires de Turquie et du Maroc.
Theo Van Gogh, qui avait 47 ans, était l'auteur d'un film sur une musulmane mariée de force, violentée par son mari et violée par son oncle, dont la diffusion à la télévision néerlandaise lui avait valu des menaces de mort. Selon un sondage de RTL Nieuws, 47 % des Néerlandais disent se sentir moins tolérants à l'égard des musulmans depuis l'assassinat du cinéaste. D'après un autre sondage, la proportion de ceux qui soutiennent un populiste partisan de l'arrêt de l'immigration en provenance de la Turquie et du Maroc s'élèverait à 12 %.
DÉCLARATION DE GUERRE
La police néerlandaise a procédé, vendredi, à une nouvelle interpellation dans l'enquête sur le meurtre de Theo Van Gogh, et deux autres suspects ont été libérés. Un homme de 23 ans d'origine marocaine a été arrêté et des cassettes vidéo ainsi que des ordinateurs ont été saisis à son domicile d'Amsterdam. Le parquet précise dans un communiqué que cet homme est soupçonné d'appartenir à une organisation animée d'"intentions terroristes", et d'avoir "comploté en vue d'un meurtre à caractère terroriste" visant notamment le réalisateur assassiné et la députée libérale Ayaan Hirsi Ali, qui a écrit le film de Theo Van Gogh intitulé Soumission. En tout, neuf personnes ont été interpellées dans le cadre de cette enquête.
Le ministre des finances et vice-premier ministre, Gerrit Zalm, qui a annoncé de nouvelles mesures de sécurité vendredi à l'issue d'une réunion du gouvernement, a évoqué une véritable "guerre" après l'assassinat de Theo Van Gogh et les menaces proférées à l'encontre de Mme Hirsi Ali et Geert Wilders, un populiste considéré comme le successeur de Pim Fortuyn pour ses propos sur l'islam. Fortuyn, un homme politique populiste et xénophobe, a lui-même été assassiné en 2002 par un défenseur de la cause animale. "En réponse, nous leur déclarons la guerre, nous allons intensifier la lutte et faire en sorte que les mouvements islamistes radicaux disparaissent des Pays-Bas, a dit M. Wilders. Ce n'est pas que de l'extrémisme théorique, c'est concret, ce qui est nouveau pour les Pays-Bas."
AFP, REUTERS et LE MONDE ont "omis" de preciser que feu
Pim Fortuyn etait egalement un flamboyant homosexuel. Quoi de plus normal ! Celui-ci n'etait pas un des defenseurs acharne de "la citoyennete festive" et du "Grand Rapprochement entre les Communautes" et avait tendance a appeler un chat-un chat! Ne restera donc de lui que l'image d'un "populiste-xenophobe". Un petite couche d'anatheme ne peut que servir La Grande Cause Revolutionnaire de nos elites journalistiques. Il ne manquerait plus maintenant que
les "Vilains Fachos" soient instruits, cultives et aient le gout des belles choses:
....The 54-year-old sociology professor was a flamboyant character who combined custom-made Italian suits and a flashy lifestyle with hard-hitting anti-immigrant views.
Professor Pim, as he liked to be called, shocked the Dutch establishment in February with a call for the repeal of the first article of the constitution which forbids discrimination.
As a result he was sacked as leader of his own party, Livable Netherlands.
But the controversy, if anything, enhanced Fortuyn's reputation, and that of his new party, Lijst Pim Fortuyn.
He went on to win around one-third of the votes after standing as a candidate in municipal elections in Rotterdam, the country's second largest city.
Polls suggested that in national elections due in May Fortuyn and his party were set to pick up enough seats in the country's 150-seat parliament to become a significant political force in their own right.
Some polls predicted that they would garner as many as 26 seats - or 17% of the parliament.
The shaven-headed former academic and columnist was openly gay, distinguishing him from the bulk of Europe's far-right, traditionalist politicians.
Fortuyn's Rotterdam residence, christened "Casa di Pietro," was styled on an Italian villa and filled with precious artefacts which he loved to show off.
He lived there with his two small dogs called Kenneth and Carla, served by a butler, and boasted a chauffeur-driven car.
Anti-Islamic attacks
He used his sexuality as fuel for his fire against Islam, which - like many other religions - does not accept homosexuality.
He slammed Islam as a "backward culture" - a view which he expounded at length in a book called Against The Islamisation Of Our Culture.
Born in 1948 to a conservative Catholic family in a small town in the north-west of the country, Fortuyn went to Amsterdam in the 1970s to study sociology and later became a professor at the University of Groningen.
Over the last 10 years he made his name as a columnist and commentator, producing a number of articles and books on society and politics.
Fortuyn's anti-Muslim views, calls for an end to all immigration and pledges to come down hard on crime struck a chord with voters despite the country's celebrated reputation for liberalism and religious tolerance.
The Netherlands was the first country to legalise gay marriages, regulate prostitution, approve and control euthanasia, and tolerate the over-the-counter sale of marijuana.
Youth appeal
Fortuyn wanted to reduce significantly the number of immigrants and asylum-seekers who arrive in the Netherlands each year, from a current 40,000 people to just 10,000 "in no time at all".
"This is a full country," he said. "I think 16 million Dutchmen are about enough."
He had a particularly strong appeal amongst the young.
Nearly one half of 18-30 year-olds recently polled want to see zero Muslim immigration, and said they would be voting for Fortuyn in May's ballots.
Even those who did not intend to vote for him agreed the maverick leader had a certain attraction.
Analysts said Fortuyn found support among voters who would traditionally veer to the far-right, but also among those fed up with the existing political landscape and centre-left government.
Il est evident que dans notre doulce France ou tout a ete fait, depuis plus de 20 ans, pour enfermer ceux et celles qui ne disent pas "Amen!" a une politique d'"Accueil Des Populations En Detresse" foireuse dans un schema "Fachos-Droite-Chretiens-Heterosexuels-Sournois-Abrutis" (a l'oppose de "Tolerant-Gauche-Athes-Homosexuels-sophistiques), il ne pouvait en etre autrement!
Choc et peur à Amsterdam
L'assassinat, le 2 novembre, du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, pourfendeur de l'islam, a profondément secoué ses compatriotes. Il a aussi creusé un fossé entre les musulmans et les Néerlandais de souche.
Il y a beaucoup de tournesols, mais "ça n'a rien à voir avec Vincent Van Gogh". C'est simplement parce que les tournesols "rappellent le soleil, la lumière - et qu'on en a sacrément besoin", sourit la jeune femme, en balayant du regard le monceau de bouquets et d'objets de toute sorte, qui fait office d'autel en plein air, à la mémoire de Theo Van Gogh. Les uns ont apporté des fleurs, des bougies, des canettes de bière, des paquets de cigarettes, les autres ont écrit un message pour dire leur colère ou leur peine. C'est ici, sur ce trottoir de la Linnaeusstraat, à côté du paisible Oosterpark, célèbre pour son monument aux victimes de l'esclavage, que, mardi 2 novembre, le cinéaste et polémiste, fumeur invétéré et grand buveur de bière, pourfendeur attitré de l'islam radical, et, accessoirement, arrière-petit-neveu du peintre-aux-tournesols a été abattu et égorgé, en pleine rue, en plein jour, dans son quartier de l'est d'Amsterdam, à l'âge de 47 ans.
"Maintenant qu'il est mort, il va devenir un saint", prédit un badaud. Les funérailles de Theo Van Gogh, signale-t-il, doivent être retransmises "en direct" par la télévision nationale, ce mardi 9 novembre, une semaine, jour pour jour, après son assassinat. "J'espère qu'il n'y aura pas d'émeutes", souffle une vieille dame. "Les islamistes me font peur, déclare tout de go sa voisine, une grande femme en anorak jaune. S'ils n'aiment pas les Pays-Bas, qu'ils s'en aillent !" "Le problème, ajoute-t-elle, perplexe, c'est qu'ils ont deux passeports, on ne peut pas les expulser." A côté d'elle, la foule continue d'affluer, silencieuse : femmes et hommes, jeunes et vieux, curieux venus de loin ou gens du quartier. Tous, le visage fermé. Certains ont apporté leur caméra ou leur appareil photo.
L'assassin présumé de Theo Van Gogh, arrêté alors qu'il tentait de fuir, est un jeune islamiste à la double nationalité marocaine et néerlandaise. Mohamed Bouyeri, 26 ans, résidait depuis de longues années à Amsterdam. Six autres hommes, de nationalité marocaine ou algérienne, ont été interpellés.
"C'est vrai que Theo Van Gogh a insulté les musulmans - il les traitait régulièrement de "baiseurs de chèvres". Il adorait la provocation. Mais ce n'était pas une raison pour le tuer. Aux Pays-Bas, la liberté de dire ce que l'on veut, y compris des insultes, est une vieille tradition. Si les gens n'étaient pas contents, pourquoi ne l'ont-ils pas poursuivi en justice ?, s'interroge un étudiant, casquette américaine vissée sur le crâne, la bicyclette à la main. On ne tue pas quelqu'un à cause de ses idées ou de sa grossièreté. Ceux qui ont assassiné Theo Van Gogh, c'est notre système démocratique qu'ils veulent casser."
Sur l'une des nombreuses affichettes posées parmi les fleurs, un certain Hans fustige l'"islaf", un mot néerlandais que l'on peut traduire par "c'est lâche", mais qui est aussi, à l'évidence, une allusion aux musulmans. "Theo, toi, tu avais des couilles. Continue ton travail au ciel", dit le message. Une autre affichette, non signée, annonce la fin de la "société multiculturelle" néerlandaise et crie "stop à l'islamisation des Pays-Bas". A côté, c'est l'islam qui est directement accusé de vouloir "conquérir le monde" par la guerre ou les attentats. Plus loin, une main furieuse a griffonné trois lignes pour demander le départ du maire de la ville, Job Cohen, accusé de laxisme : "Assez de bla-bla, il faut agir. La solution : dehors, Cohen !"
Protégé de la pluie par un sous-verre en plastique, un texte plus discret repose parmi les roses et les tournesols : "En qualité de musulmans et de Marocains, nous nous élevons contre ceux qui pensent résoudre les problèmes par la violence physique, au nom de l'islam."Une dame, native du Surinam, montre le texte à sa petite fille. Elle n'ose pas faire de commentaire. Si elle résidait à La Haye, peut-être se serait-elle jointe aux quelque deux cents manifestants, rassemblés, samedi 6 novembre, à l'initiative d'associations musulmanes et du mouvement berbère, pour scander "Islam = paix", et crier "Pas de balles, des mots" ? Ce n'est pas sûr.
Le climat de malaise et de suspicion qui règne à Amsterdam depuis l'assassinat de Theo Van Gogh touche autant les Néerlandais "de souche", effrayés par le terrorisme islamiste - ce crime est le premier du genre -, que les Néerlandais "d'origine étrangère", qui redoutent les retours de bâton xénophobes. Un fossé s'est creusé, comme entre deux pays. "Les gens parlent maintenant en termes de "nous" et "eux"... Il y a de la colère, du désespoir et de la honte chez tout le monde", note le quotidien Nederelands Daqblad. Rares sont ceux qui osent dire ce qu'ils pensent à visage découvert. La peur, parfois la haine n'en sont pas moins palpables : n'a-t-on pas dû fermer, après seulement deux heures de mise en service, un site Internet spécialement installé pour recueillir les condoléances de la population, du fait du "trop grand nombre de messages racistes" adressés anonymement ?
Bien qu'elle n'ait fait aucune victime, l'explosion d'une bombe, lundi 8 novembre à l'aube, dans une école islamique d'Eindhoven (sud-est des Pays-Bas), ajoutée aux trois tentatives d'incendie contre des mosquées durant le week-end, n'a pas détendu l'atmosphère...
"Theo n'était ni raciste ni antisémite. Il n'a jamais demandé le départ des musulmans ou des étrangers", plaide Gÿs Van de Westelaken, l'un des trois associés de Column Producties, société de production dont Theo Van Gogh était l'un des fondateurs. Dans les bureaux de la Van Breestraat, une rue chic et résidentielle à deux pas du Musée Van Gogh, l'ambiance est triste et survoltée. Le dernier film du cinéaste-provocateur, intitulé 06/05, est consacré - ironie de l'histoire - au leader populiste Pim Fortuyn, lui-même assassiné en mai 2002, par un Néerlandais "de souche". Le film devrait être prochainement diffusé aux Pays-Bas, de même que le dernier feuilleton télévisé de Theo Van Gogh, baptisé Médéa.
Mais c'est un autre film, Submission, diffusé à la télévision fin août, qui a valu au cinéaste et à la députée libérale Ayaan Hirsi Ali, Néerlandaise d'origine somalienne, auteure du scénario, les foudres des islamistes - et leurs premières menaces de mort. La jeune parlementaire, dont le nom, assorti du qualificatif d'"infidèle", figurait sur la lettre vengeresse plantée par un couteau sur le corps de Theo Van Gogh, vit aujourd'hui cachée, sous la protection de gardes du corps. Submission, film de fiction, dénonce les discriminations et les violences imposées aux femmes au nom de l'islam. On y voit notamment une actrice, dont le dos nu porte des traces de flagellation et, très lisibles, des sourates du Coran.
"Theo partait de l'idée qu'on pouvait critiquer librement la Bible ou la Torah et il trouvait légitime de faire de même avec le Coran", souligne Gÿs Van de Westelaken. "Theo revendiquait le droit au sacrilège", ajoute Yoeri Albrecht, journaliste à l'hebdomadaire Vrij Nederland, qui a publié, dans son numéro du 6 novembre, le dernier entretien du cinéaste. "Son truc, c'était de mettre le doigt où ça fait mal. Il n'avait peur de rien ni de personne", insiste le journaliste, qui soupçonne les autorités, en particulier les services de police, d'avoir "sous-estimé" les risques encourus par son ami.
"Est-ce que l'insulte fait partie de la liberté d'expression ?", s'interroge un autre journaliste, Simon Kuin. Lui-même, à l'instar de nombreux Néerlandais, est tenté de penser que oui. Il rappelle le cas du grand écrivain Gerard Reve, poursuivi devant les tribunaux par des calvinistes furieux, du fait qu'il ait dans ses écrits comparé Dieu à un âne. Le procès eut lieu à la fin des années 1960 - et c'est à l'écrivain que la justice donna finalement raison. Amateur de blagues douteuses, Theo Van Gogh, qui s'exprimait régulièrement à la télévision et dans une chronique publiée par le journal gratuit Metro, n'avait ni le talent ni la stature d'un Reve. Surtout, le contexte était différent.
"Theo Van Gogh était très agressif. Les musulmans ne l'aimaient pas - et beaucoup de Néerlandais non plus", rappelle M. Van Tuyll van Serooskerken, transfuge du parti libéral VVD et cofondateur d'un petit groupe politique, Europe démocratique. "C'est sur la base de trois principes, la liberté, l'égalité et la fraternité, que notre société doit se construire. Malheureusement - peut-être est-ce un héritage de notre vieux "système des piliers" ? - le principe de la fraternité n'est pas très fort aux Pays-Bas. Et notamment avec les musulmans, regrette M. Van Tuyll van Serooskerken. J'espère qu'on ne prendra pas prétexte de cette tragédie pour réduire la liberté d'expression."
Arrivés de Turquie et du Maroc dans les années 1960, justement, les "musulmans" des Pays-Bas représentent aujourd'hui une très forte minorité : on estime leur nombre à environ neuf cent mille - sur une population totale de quelque seize millions d'habitants. "Contrairement à la France, où les populations d'origine étrangère appartiennent à des milieux sociaux très divers, les Pays-Bas ont surtout fait venir des gens pauvres, venant des zones rurales : des Turcs ou des Marocains, souvent analphabètes. Et les Néerlandais n'ont pas fait grand-chose, il faut le reconnaître, pour les aider à s'intégrer. Pendant des années, on les a laissés de côté", remarque le professeur Afshin Ellian, de l'université de Leiden. Est-ce pour avoir ignoré ces données que Theo Van Gogh est mort ? En se faisant "une spécialité de critiquer l'islam et les musulmans" dans un pays où Turcs et Marocains sont si nombreux, Theo Van Gogh a pris le risque de "jouer avec le feu", estime, dans son dernier billet paru dans l'hebdomadaire Jeune Afrique/L'intelligent, et intitulé "Chronique d'une mort annoncée", le romancier Fouad Laroui, lui-même d'origine marocaine, installé à Amsterdam depuis plusieurs années.
L'argumentaire du professeur Ellian, ancien opposant au régime de l'ayatollah Khomeiny, est tout autre : "S'il vous plaît, moquez-vous de l'islam !", lance-t-il dans un "appel aux intellectuels" paru samedi 6 novembre dans les colonnes du quotidien Volkskrant. Selon lui, c'est à l'islam et à ses fidèles de s'adapter "à la modernité" - et non l'inverse. "Quand on pourra, à la télévision et sur les scènes de théâtre, plaisanter sur l'islam, quand les penseurs et les universitaires commenceront à traiter l'islam de manière plus critique, alors, et alors seulement, les musulmans apprendront la tolérance", souligne M. Ellian.
"Theo Van Gogh ? Celui qui insultait les musulmans ?", répète l'un des jeunes Marocains abordés dimanche soir devant la mosquée El Tawheed - l'un des fiefs de l'islamisme radical d'Amsterdam, selon la presse locale. "Celui qui montrait des femmes nues, avec des phrases du Coran écrites sur la peau ?", insiste le jeune homme. "Les frères l'avaient prévenu. Ils lui avaient dit de se taire. Mais il ne les a pas écoutés", ajoute-t-il, le sourire mauvais, avant de s'éclipser vers le lieu de prières. La rue Jan-Hanzenstraat, située dans les quartiers ouest de la capitale, respire pourtant le calme et la tranquillité. Installée dans une ancienne école, la mosquée El Tawheed ne se distingue pas des autres immeubles de brique, hauts de deux ou trois étages.
"Aux Pays-Bas, les musulmans ne sont pas aimés", lâche un homme à longue barbe et forte carrure, habillé d'une parka et d'un seroual blanc. Comme si cela résumait tout. Lui-même est un Néerlandais "de souche", mais il refuse de dire son nom. "On dit que le meurtrier a fréquenté cette mosquée. Possible. Il a dû sûrement, aussi, acheter du pain chez le boulanger. Faut-il en conclure que le boulanger est complice de la mort de Van Gogh ?", s'amuse-t-il.
Quelques jours après l'assassinat du cinéaste, le quotidien populaire De Telegraaf a publié en première page les photos de personnalités désignées, dans l'une des lettres écrites par le meurtrier de Theo Van Gogh, comme les "cibles à abattre". Parmi celles-ci figurent la députée Ayaan Hirsi Ali, mais aussi le maire d'Amsterdam, Job Cohen, et la ministre de l'intégration, Rita Verdonk.
"Je ne crois pas que de vrais musulmans puissent faire ça, commente Amina, une mère de famille d'origine marocaine, venue, avec deux de ses amies, faire un tour à l'autel de la Linnaeustraat. Hier, je suis déjà venue. J'habite à côté. Les gens m'ont regardée de travers. Quelqu'un m'a même dit qu'il fallait que j'enlève mon foulard." Cela ne l'a pas découragée. "Je comprends bien que les gens aient peur. Moi, je n'ai pas le même islam que les tueurs de Van Gogh, mais comment peuvent-ils le savoir ? Mes trois enfants sont nés ici. Et eux, je vous jure, ce sont des vrais Néerlandais."