Y'a plus d'artiche/de pognon/de brozouf ( ou le debut de la fin qui n'en finit pas de commencer)
L'Etat impose l'austérité au mouvement associatif
Les coupes budgétaires touchent durement les associations, qui redoutent de ne plus pouvoir remplir leur rôle, notamment en matière de cohésion sociale. Le gouvernement leur suggère de se tourner vers les collectivités territoriales, qui ne jugent pas
possible d'accroître leur effort financier.
En 2004 , les associations ont vécu une année noire. De la culture à l'environnement en passant par le social et le sport, le milieu a pâti du gel ou des restrictions des crédits de l'Etat, via ses différents ministères, alors que la fin du financement public des emplois-jeunes est programmée pour 2007.
Le tout dans un contexte de progression de la pauvreté et de la précarité. On recense, officiellement, en France, près de 1 million d'associations, fortes de 12 millions de bénévoles et de 1,5 million de salariés, souvent dans le cadre d'emplois aidés, d'où leur vulnérabilité.
A Paris, le collectif Associations en danger, qui regroupe plus de 200 associations franciliennes, a lancé un appel (assos.crao.net) pour dénoncer les coupes budgétaires, "fruit d'une volonté politique évidente -qui- signifie, à court terme, la mise à mort d'initiatives citoyennes et annonce l'abandon des populations les plus fragilisées". Le 25 novembre, plusieurs centaines de bénévoles ont manifesté devant le ministère de la cohésion sociale.
"S'il faut hurler, je hurlerai", témoigne Sadio Sissoko, jeune femme malienne qui a appris le fran-çais dans les locaux de l'associa- tion Accueil Goutte-d'Or, dans le 18e arrondissement. "Ils ont été à mon écoute, m'ont apporté des conseils, témoigne-t-elle. S'ils m'avaient uniquement appris la langue, jamais je n'aurais pu m'intégrer dans la société française." Directrice de cette association, Christine Ledésert exhibe une lettre, datée de la mi-octobre, où le sous-préfet chargé de la politique de la Ville dans la capitale demande aux responsables des centres sociaux parisiens de ne plus solliciter les subsides de l'Etat pour 2005. "Le gouvernement veut privilégier les grosses structures associatives. Mais elles ne remplaceront jamais le travail de socialisation des associations de quartier", explique-t-elle. Le collectif a obtenu l'accord du ministère de la cohésion sociale, dirigé par Jean-Louis Borloo, qui conteste l'idée d'un retrait de l'Etat, pour l'organisation d'une table ronde tripartite.
Pourtant, en dehors de la capitale, le mouvement associatif a du mal à se mobiliser. "Le gouvernement a créé un climat de peur qui tétanise les associations et les incite à jouer chacune de leur côté pour conserver leurs crédits", déplore Alain Menac'h. Responsable de la Fédération nationale des foyers ruraux (FNFR), qui regroupe 3 000 associations, il constate une baisse de 50 % des crédits d'Etat touchés par sa fédération, en 2004.
Confrontées au désengagement public, certaines associations se tournent vers le privé. Mais la plupart s'orientent vers les collectivités locales. "Nous sommes soumis à une pression de plus en plus forte", confirme Michel Vauzelle, président (PS) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Première en France par le nombre d'associations sur son territoire, PACA affirme consacrer 18 % de son budget à ce secteur. "Avec une progression colossale, depuis 1998, de 35 millions à 182 millions d'euros, hors apprentissage", souligne-t-on, à la région. "On maintiendra l'effort en 2005", assure M. Vauzelle, tout en ajoutant : "Les collectivités ne peuvent se substituer à l'Etat. C'est impossible économiquement et malsain politiquement."
Le nouveau contexte de la décentralisation ne joue pas en faveur des associations. L'Etat tente de se "défausser" sur les collectivités, constate Olivier Dulucq, délégué général de l'Union nationale des acteurs et des structures du développement local (Unadel), alors même que celles-ci se plaignent déjà des conséquences financières de la "nouvelle étape" de la décentralisation. Pourtant, Marie-Françoise Pérol-Dumont, présidente (PS) du conseil général de la Haute-Vienne, voit mal "comment on se substituerait à l'Etat dans le contexte des transferts de charges qui pèsent déjà très durement sur nos budgets". De fait, les départements, désormais responsables, notamment, de la gestion du RMI, doivent financer davantage les associations du secteur social.
"DISPARITÉS RÉGIONALES"
Pour le milieu associatif, l'appel aux communes, régions, départements ou intercommunalités - déjà principaux bailleurs de fonds - n'est donc pas la panacée. D'autant que les élus locaux sont souvent soupçonnés de vouloir instrumentaliser les associations pour mettre en œuvre leur politique. Ils donneraient plus volontiers un coup de pouce pour le sport, la culture ou les personnes âgées qu'à une association d'insertion. En outre, les soutiens décentralisés ne remplaceront pas les actions à l'échelle nationale de l'Etat, par exemple en termes de formation des bénévoles : "Les disparités régionales seront de plus en plus fortes", prédit M. Menac'h.
Confrontées à la fin programmée des subventions de l'Etat aux emplois-jeunes, les associations ne voient pas comment elles pourront éviter de licencier une grande partie des 100 000 bénéficiaires créés dans ce cadre depuis 1998. Là encore, la réponse des régions de gauche ne les rassure pas totalement. Poitou-Charentes et Centre prévoient de créer 1 500 et 1 000 nouveaux emplois associatifs aidés en 2005, et l'Ile-de-France 1 000 "emplois-tremplins". La Bourgogne s'engage sur 2 000 créations en six ans. Mais les associations dénoncent l'ambiguïté de l'offre. Alors que les emplois-jeunes ont acquis une réelle compétence, elles vont devoir embaucher puis former à nouveau des personnes peu qualifiées. Elles rappellent que leur mission est d'impliquer la population dans la vie sociale. Et qu'elles n'ont pas pour vocation première d'intégrer en leur sein des publics en difficulté.
Le gouvernement "ultra-liberal" a encore frappe, laissant sur le carreau "les plus demunis et les plus fragiles d'entre nous"........
L'Etat impose l'austérité au mouvement associatif
Les coupes budgétaires touchent durement les associations, qui redoutent de ne plus pouvoir remplir leur rôle, notamment en matière de cohésion sociale. Le gouvernement leur suggère de se tourner vers les collectivités territoriales, qui ne jugent pas
possible d'accroître leur effort financier.
En 2004 , les associations ont vécu une année noire. De la culture à l'environnement en passant par le social et le sport, le milieu a pâti du gel ou des restrictions des crédits de l'Etat, via ses différents ministères, alors que la fin du financement public des emplois-jeunes est programmée pour 2007.
Le tout dans un contexte de progression de la pauvreté et de la précarité. On recense, officiellement, en France, près de 1 million d'associations, fortes de 12 millions de bénévoles et de 1,5 million de salariés, souvent dans le cadre d'emplois aidés, d'où leur vulnérabilité.
A Paris, le collectif Associations en danger, qui regroupe plus de 200 associations franciliennes, a lancé un appel (assos.crao.net) pour dénoncer les coupes budgétaires, "fruit d'une volonté politique évidente -qui- signifie, à court terme, la mise à mort d'initiatives citoyennes et annonce l'abandon des populations les plus fragilisées". Le 25 novembre, plusieurs centaines de bénévoles ont manifesté devant le ministère de la cohésion sociale.
"S'il faut hurler, je hurlerai", témoigne Sadio Sissoko, jeune femme malienne qui a appris le fran-çais dans les locaux de l'associa- tion Accueil Goutte-d'Or, dans le 18e arrondissement. "Ils ont été à mon écoute, m'ont apporté des conseils, témoigne-t-elle. S'ils m'avaient uniquement appris la langue, jamais je n'aurais pu m'intégrer dans la société française." Directrice de cette association, Christine Ledésert exhibe une lettre, datée de la mi-octobre, où le sous-préfet chargé de la politique de la Ville dans la capitale demande aux responsables des centres sociaux parisiens de ne plus solliciter les subsides de l'Etat pour 2005. "Le gouvernement veut privilégier les grosses structures associatives. Mais elles ne remplaceront jamais le travail de socialisation des associations de quartier", explique-t-elle. Le collectif a obtenu l'accord du ministère de la cohésion sociale, dirigé par Jean-Louis Borloo, qui conteste l'idée d'un retrait de l'Etat, pour l'organisation d'une table ronde tripartite.
Pourtant, en dehors de la capitale, le mouvement associatif a du mal à se mobiliser. "Le gouvernement a créé un climat de peur qui tétanise les associations et les incite à jouer chacune de leur côté pour conserver leurs crédits", déplore Alain Menac'h. Responsable de la Fédération nationale des foyers ruraux (FNFR), qui regroupe 3 000 associations, il constate une baisse de 50 % des crédits d'Etat touchés par sa fédération, en 2004.
Confrontées au désengagement public, certaines associations se tournent vers le privé. Mais la plupart s'orientent vers les collectivités locales. "Nous sommes soumis à une pression de plus en plus forte", confirme Michel Vauzelle, président (PS) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Première en France par le nombre d'associations sur son territoire, PACA affirme consacrer 18 % de son budget à ce secteur. "Avec une progression colossale, depuis 1998, de 35 millions à 182 millions d'euros, hors apprentissage", souligne-t-on, à la région. "On maintiendra l'effort en 2005", assure M. Vauzelle, tout en ajoutant : "Les collectivités ne peuvent se substituer à l'Etat. C'est impossible économiquement et malsain politiquement."
Le nouveau contexte de la décentralisation ne joue pas en faveur des associations. L'Etat tente de se "défausser" sur les collectivités, constate Olivier Dulucq, délégué général de l'Union nationale des acteurs et des structures du développement local (Unadel), alors même que celles-ci se plaignent déjà des conséquences financières de la "nouvelle étape" de la décentralisation. Pourtant, Marie-Françoise Pérol-Dumont, présidente (PS) du conseil général de la Haute-Vienne, voit mal "comment on se substituerait à l'Etat dans le contexte des transferts de charges qui pèsent déjà très durement sur nos budgets". De fait, les départements, désormais responsables, notamment, de la gestion du RMI, doivent financer davantage les associations du secteur social.
"DISPARITÉS RÉGIONALES"
Pour le milieu associatif, l'appel aux communes, régions, départements ou intercommunalités - déjà principaux bailleurs de fonds - n'est donc pas la panacée. D'autant que les élus locaux sont souvent soupçonnés de vouloir instrumentaliser les associations pour mettre en œuvre leur politique. Ils donneraient plus volontiers un coup de pouce pour le sport, la culture ou les personnes âgées qu'à une association d'insertion. En outre, les soutiens décentralisés ne remplaceront pas les actions à l'échelle nationale de l'Etat, par exemple en termes de formation des bénévoles : "Les disparités régionales seront de plus en plus fortes", prédit M. Menac'h.
Confrontées à la fin programmée des subventions de l'Etat aux emplois-jeunes, les associations ne voient pas comment elles pourront éviter de licencier une grande partie des 100 000 bénéficiaires créés dans ce cadre depuis 1998. Là encore, la réponse des régions de gauche ne les rassure pas totalement. Poitou-Charentes et Centre prévoient de créer 1 500 et 1 000 nouveaux emplois associatifs aidés en 2005, et l'Ile-de-France 1 000 "emplois-tremplins". La Bourgogne s'engage sur 2 000 créations en six ans. Mais les associations dénoncent l'ambiguïté de l'offre. Alors que les emplois-jeunes ont acquis une réelle compétence, elles vont devoir embaucher puis former à nouveau des personnes peu qualifiées. Elles rappellent que leur mission est d'impliquer la population dans la vie sociale. Et qu'elles n'ont pas pour vocation première d'intégrer en leur sein des publics en difficulté.
Le gouvernement "ultra-liberal" a encore frappe, laissant sur le carreau "les plus demunis et les plus fragiles d'entre nous"........

