Saturday, July 30, 2005

Appel au meurtre en direct sur Al Jazeera (Source mmlf.org)

Où sont nos habituelles pleureuses professionnelles de France ? Ne captent-elles pas Al Jazeera ? Préfèrent-elles zapper lorsque cela devient trop insupportable ?
Ce soir, sur la chaîne qatari Al Jazeera, il ne faisait pas bon être dans la peau d’un occidental. Lors d’un débat en langue arabe, des appels au meurtre des gouvernants et des peuples américains et anglais n’ont cessé d’être hurlés par deux islamistes surexcités répondant au nom de Nissam Darouiche - depuis Doha - et Abou Islam Abdallah -depuis le Caire -.En introduction, Nissam Darouiche a d’abord affirmé que les occidentaux étaient des violeurs de femmes et d’enfants et qu’ils devaient être punis par l’épée pour ces crimes : « Il faut laver le sang qui se trouve sur les mains des occidentaux par le sang des musulmans ». Traduction pour les vocabulo-sceptiques : « Il faut leur péter la gueule à ces infidèles ». Plus sérieusement, c’était un appel aux attentats suicides en direction de tous les musulmans dignes de ce nom. Qu’un islamiste recrute en direct, sur une chaîne émettant dans le monde entier des candidats au meurtre de masse, ne semble pas émouvoir qui que ce soit, à commencer par les musulmans de France, toujours prompts à dénoncer de fantasmatiques complots.
Point de complot ce soir en direct. Rien que des prévisions, des planifications.
Nous eûmes droit ensuite à une justification en règle des attentats qui ont eu lieu à Londres. Les anglais ne sont-ils pas les agresseurs de la nation arabe et de la nation islamique ? Les familles des victimes londoniennes apprécieront sans doute.
Bien entendu, les américains et les juifs ne sont pas en reste, ils demeurent en effet les ennemis principaux à éradiquer. Nissam Darouiche indiqua que le Coran appelait les musulmans à mettre fin à l’oppression juive et américaine, propos confirmés par Abou Islam Abdallah qui en appela à se munir de « l’épée » et de tuer avant qu’on ne tue les musulmans.
Que les français se rassurent, ils ne sont pas encore sur la liste de ces idéologues du meurtre de masse. Pour l’instant, ils ne sont considérés que comme « indirectement » responsables de l’oppression que subit la Ummah. Il n’y a plus qu’à attendre de l’être directement pour y réfléchir.
Les juifs, quant à eux, sont comptables de chaque mort musulman. Leur sort est ainsi intrinsèquement scellé, il faudra les faire disparaître totalement avec la grâce d’Allah. C’est à cela que se sont employés 3 jeunes « désœuvrés » ce week-end, en France. Fort heureusement, leurs bouteilles d’acide chlorhydrique (testées auparavant pendant le 14 juillet) n’étaient qu’à l’état d’expérimentation. Gageons que Nissam Darouiche et Abou Islam Abdallah seraient fiers d’eux, quand bien même ils n’appartiendraient pas à la Nation Islamique.
Qu’on ne s’étonne point en ce beau pays de France si certains mettent prochainement à exécution les appels de ces tristes sires. Ce soir, sur la chaîne Al Jazeera, les idéologues du Verbe recrutaient des porteurs d’Epée en toute quiétude. En autorisant la diffusion de ce type d’émissions en Occident, nos dirigeants contribuent à renforcer des troupes d’assassins, tels
le meurtrier de Théo Van Gogh qui, Coran en main, jura qu’il avait agi au nom de l’Islam. On ne se réveille pas un matin avec l’idée de trucider du mécréant. On a d’abord été soigneusement préparé à l’aide d’une propagande soutenue. Prêches retransmis par satellites, littérature foisonnante sur les étales des marchés populaires, appels à la guerre sainte contre les mécréants accessibles à tout quidam disposant d’une connexion Internet ...
Il est encore temps de stopper la machine de guerre. Mais le souhaitons-nous ? Ou nous laisserons-nous mener à l’abattoir sans mot dire ? De peur de froisser quelque sensibilité religieuse ?
Paralysés, anesthésiés par une mauvaise conscience entretenue par les classiques lobbies irresponsables qui n’ont de cesse d’inverser le rôle coupable des terroristes avec celui des victimes, nous assistons, béats, à notre mort programmée.
Et lorsque la prochaine bombe explosera dans le métro d’une capitale européenne, nous ne serons pas surpris que certains évoquent une hypothétique responsabilité collective, dédouanant ainsi les idéologues recruteurs d’Al Jazeera.
Mais Allah sait mieux !


Wednesday, July 06, 2005

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Les déficits publics et la dette française continuent d'augmenter( SOURCE: LE MONDE )

La situation des finances publiques françaises est beaucoup plus dégradée que ne l'admet le gouvernement dans les documents et rapports officiels publiés pour préparer le traditionnel débat d'orientation budgétaire qui a lieu, mardi 5 juillet, à l'Assemblée nationale. C'est ce que suggèrent les études confidentielles du ministère des finances, élaborées par la direction du Trésor, dont Le Monde a pris connaissance. Ces simulations font apparaître que sur deux des principaux critères fixés par le traité de Maastricht ­ les finances publiques et la dette publique ­, la France est en passe de s'écarter sensiblement des engagements qu'elle a pris dans le cadre de son programme pluriannuel de finances publiques.

Dans le cas des déficits publics (qui totalisent les déficits de l'Etat, de la protection sociale et des administrations locales), le gouvernement avait pris l'engagement vis-à-vis de Bruxelles de repasser au plus vite sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB). La programmation pluriannuelle des finances publiques, qui figurait dès l'automne 2004 en annexe du projet de loi de finances pour 2005, prévoyait donc que ces déficits refluent de manière continue : 3,6 % du PIB en 2004, 2,9 % en 2005, 2,2 % en 2006, 1,6 % en 2007, 0,9 % en 2008.

Intervenant devant la commission des finances de l'Assemblée, le ministre délégué au budget a implicitement confirmé cette promesse. "Notre objectif est de ramener le déficit sous la barre des 3 % en 2005 et de poursuivre cet effort de redressement en 2006", a dit Jean-François Copé.

LA DÉRIVE DES COMPTES SOCIAUX

Pourtant, les simulations internes de Bercy suggèrent que, à politique inchangée, le but affiché ne sera pas atteint. Les déficits publics seraient sur une pente de 3,5 % à 3,6 % pour 2005 (et même de 3,9 % si l'on ne prend pas en compte la soulte EDF) et à nouveau 3,5 % pour 2006, même en cas de rebond de l'activité.

Le Monde a cherché à interroger le ministère du budget sur ces chiffres mais n'a obtenu aucune réponse. Les comptes sociaux constitueraient l'une des explications principales de la tendance : selon les dernières évaluations de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, le déficit du régime général pourrait encore ressortir à 11,6 milliards d'euros en décembre, après un déficit de 11,9 milliards en 2004. A quoi il faudra ajouter, pour cette année, les "trous" de 1,9 milliard du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) et de 1,5 milliard du Fonds de financement des prestations sociales agricoles (FFIPSA).

Le gouvernement a donc deux options devant lui. Soit il prend des mesures de rigueur complémentaires. Mais lesquelles ? Et dans le paysage social postréférendaire, Dominique de Villepin voudra-t-il courir ce risque ?

Soit il accepte cette dérive, mais dans cette hypothèse une nouvelle difficulté se profilerait : la France s'installerait alors durablement dans une période de déficits dits excessifs. En réalité, dans ce scénario, les déficits publics resteraient supérieurs à cette barre des 3 % pendant presque la totalité de l'actuel quinquennat de Jacques Chirac : 3,2 % en 2002, 4,2 % en 2003, 3,6 % en 2004, 3,5 % à 3,6 % en 2005, et donc 3,5 % en 2006. Et cela, Bruxelles ne pourrait guère l'accepter. Dans le cas de la dette publique, l'écart est le même entre les engagements officiels et les scénarios officieux. La programmation pluriannuelle des finances publiques prévoyait, à l'automne 2004, que la dette publique suivrait les marches d'escalier suivantes : 56 % en 2001, 58,8 % en 2002, 63,7 % en 2003, 64,8 % en 2004 (depuis, l'Insee a rectifié ce chiffre à 64,7 %), 65 % en 2005, 64,6 % en 2006, 63,6 % en 2007 et 62 % en 2008. En clair, le gouvernement s'est engagé, après plus de vingt ans de hausse ininterrompue de la dette, à inverser la tendance, dans l'espoir de repasser ultérieurement sous la barre des 60 % exigée par Maastricht.

Or, là encore, les prévisions de Bercy, dont ont eu aussi connaissance des députés de la majorité siégeant à la commission des finances, suggèrent que la dette, à politique inchangée, continuerait de croître pour atteindre environ 67 % en 2007. Dans ce scénario, elle progresserait de près de 10 points de PIB sous l'actuel quinquennat de M. Chirac.

LA COUR DES COMPTES CRITIQUE

Pour le ministre des finances, ce serait une autre épreuve difficile. Car Thierry Breton s'est fixé comme priorité de réduire cette dette. Il a confié une mission d'étude sur le sujet à Michel Pébereau, tout en se gardant, pour l'heure, d'avancer des mesures concrètes.

Pour le gouvernement, ces deux dossiers liés des déficits et de la dette auront valeur de test. Car une critique monte contre lui, dont la Cour des comptes s'est fait l'écho dans son rapport transmis le 22 juin au Parlement en prévision du débat d'orientation budgétaire : cette gestion, déplore l'institution, "reporte l'assainissement réel des finances de l'Etat à plus tard".

Le propos vise la politique de dépenses de l'Etat en 2004. Mais n'a-t-il pas aussi une portée plus générale
?
CONTRE-THEORIE

Ludovic Monnerat sape avec brio les fondements de la doctrine altermondialiste et la desormais eculee theorie du "Annulons-la-dette-donnons-leur-du-pognon-et-ils-se-calmeront":

La diagonale des fous

On trouve aujourd'hui sur Fourth Rail une analyse de la situation en Thaïlande du Sud, où l'insurrection islamiste déclenchée voici presque 2 ans semble bien difficile à contrer. Comme à l'accoutumée, la campagne de contre-insurrection menée par le Gouvernement s'est heurtée à l'échec des méthodes frontales issues des conflits conventionnelles, et évolue dans des modes opératoires classiques :

"The Thai strategy is to drive a wedge between the professional fighters and the population as a whole. It has come to this strategy only lately, however, having first attempted to crush the insurgency by main force. Only time will tell if the new strategy is more successful, and the combination of diplomacy, social-welfare payouts, and outreach programs can dry up the sea in which the guerrillas swim. "



Il est assez intéressant de relever que de nos jours, un pays comme la Thaïlande peut effectivement être en guerre - 880 morts en 18 mois - et rester une destination touristique majeure, qui plus est malgré le tsunami. L'existence même d'une insurrection à motivation idéologique dans une nation en modernisation rapide semble encore plus intéressante : elle démontre que les lignes de fracture autour desquelles s'embrasent les sociétés sont de plus en plus liées à des facteurs immatériels, tels les valeurs et les croyances, qu'à des facteurs matériels comme les ressources ou le commerce. L'idée très en vogue selon laquelle réduire la pauvreté est une manière de réduire les conflits n'est que marginalement vraie. Ainsi, le discours du "grand échiquier" popularisé par Zbigniew Brzezinski est une vision trompeuse et simplificatrice d'une planète sur laquelle une multitude d'échiquiers gigognes forment une sorte de sculpture fractale tridimensionnelle en perpétuelle instabilité. Je m'explique (encore heureux... ;)) : une collectivité donnée peut être représentée par un échiquier qui lui-même représente une case de l'échiquier que forme la société englobant ladite collectivité. Et le méta-échiquier ultime, celui de la planète, se joue à mon sens dans le domaine des idées, dans la sphère de l'information, parce qu'elle seule interconnecte instantanément et immatériellement toutes les parties nationales, sectorielles ou locales.

C'est pourquoi la diagonale des fous de Dieu balaie irrémédiablement toute la planète, et ne laisse aucune société intacte ou indifférente. Nous sommes tous impliqués, concernés, menacés par l'affrontement qui se déroule jour après jour. Et à la différence de la guerre froide, les règles du jeu ont été déchirées...

Articles relatifs au sujet:

Center For Contemporary Conflict

Unrest in South Thailand: Contours, Causes, and Consequences Since 2001

Historically speaking, Thailand is no stranger to armed conflict. Between the 1960s and early 1980s, the government fought an armed communist insurgency. Muslim separatists were active in the southern region of the country from the 1940s until the late 1980s. At the end of the 1990s, however, it seemed the Kingdom had solved its insurgency problem. The communist movement was dissolved and terrorism and political violence in the southern provinces was waning. In the past three years, however, southern Thailand has seen a recrudescence of long-dormant Malay-Muslim anger against the central government. The internal security situation in the country’s southernmost provinces has rapidly worsened and worries are arising that the country will become another hotspot of Islamist terrorism in Southeast Asia.

This raises some critical questions: What is the conflict about? Why is violence rising? Who is behind the violence? How can Thailand counter this new wave of insurgency? What are the consequences for domestic politics?

This paper will discuss these questions. Section I describes the historical roots and the patterns of the conflict in Thailand’s south until the late 1990s. Section II provides an outline of the current wave of insurgency. Section III examines causes for the latest outburst of violence. And Section IV discusses options for viable conflict solutions and the possible consequences for democracy in Thailand.

I. Historical Roots
Muslims comprise 5.5% of Thailand’s population.[1] Notwithstanding its relatively small size, the relationship between the Buddhist majority of the population and the government in Bangkok and particularly the Malay-Muslim minority in the southern region is of crucial importance for political stability and security in Thailand and Southeast Asia. While Muslim communities exist all over the country, by far the greatest number of Muslims living in Thailand, however, is of Malay ethnic origin. As the only Muslim population in the country, they share a common ethnic identity and form a locally concentrated minority in the Patani Raya region,[2] which had been an independent Kingdom until 1786 when Patani was conquered by the King of Siam and the Muslim dynasty was abolished.[3] The efforts of the Siamese government to subjugate the Muslim areas began immediate after its incorporation but became more hostile only after the Anglo-Siamese treaties of 1904 and 1909 which recognized the Siamese control over Pattani.[4]

With King Chulalonkorn’s administrative reforms in the 1890s, the Kingdom developed a centralized bureaucracy and established central control over most of its territory. Doing so, the central government in Bangkok was strong enough that it did not have to cut autonomy deals with the local Muslim rulers. Rather, the government eliminated local elites as a politically relevant player, as governors and bureaucrats were sent from Bangkok down to the southern provinces.[5] The government divided Pattani into seven provinces which were governed by appointed bureaucrats under a centralized administrative structure......"


International Crisis Group

Southern Thailand: Insurgency, Not Jihad
Asia Report N°98
18 May 2005

EXECUTIVE SUMMARY AND RECOMMENDATIONS

Violence in Thailand's southern, mainly Malay Muslim provinces has been steadily escalating since early 2004, exacerbated by the disastrously heavy-handed policies of Prime Minister Thaksin Shinawatra. There is widespread concern in the region that left unchecked, the unrest could turn into a mass-based insurgency, or even a regional jihad, although to date there is no evidence of external involvement in the bombings and killings that have become almost a daily occurrence.

The rise of more puritanical strains of Islam in southern Thailand is often cited as contributing to the violence, particularly given Muslim anger at the deployment of Thai troops in Iraq. But while Islamic consciousness and a sense of persecution and solidarity with fellow Muslims has grown over the last two decades, it would be a mistake to view the conflict as simply another manifestation of Islamic terrorism. The violence is driven by local issues.

There is no question that the Muslim south is one of the poorest parts of Thailand, but the grievances are political, and even well thought-out development policies will not deal with the unrest effectively unless those grievances are addressed. However, almost every step the government has taken has exacerbated the problem.

The origins of the current violence lie in historical grievances stemming from discrimination against the ethnic Malay Muslim population and attempts at forced assimilation by successive ethnic Thai Buddhist governments in Bangkok for almost a century.

Armed separatist groups have been active there since the late 1960s, with particularly virulent violence in the late 1970s and early 1980s. The largest and most effective group of several operating then was PULO (Patani United Liberation Organisation), which called for an independent Islamic state but whose thrust was more ethno-nationalist than Islamist.

The Thai government managed to stem the unrest with political and economic reforms that undercut support for armed struggle, and hundreds of fighters accepted a broad amnesty. The insurgency looked to be all but over by the mid-1990s.

But new strains then appeared, with four particularly significant groups emerging or re-emerging, and major violence erupting in early 2004. The major groups active today include:

BRN-C (Barisan Revolusi Nasional-Coordinate, National Revolutionary Front-Coordinate) the only active faction of BRN, first established in the early 1960s to fight for an independent Patani state. Thought to be the largest and best organised of the armed groups, it is focused on political organising and recruitment within Islamic schools;
Pemuda, a separatist youth movement (part of which is controlled by BRN-C), believed to be responsible for a large proportion of day-to-day sabotage, shooting and bombing attacks;
GMIP (Gerakan Mujahidin Islam Patani, Patani Islamic Mujahidin Group), established by Afghanistan veterans in 1995, committed to an independent Islamic state; and
New PULO, established in 1995 as an offshoot of PULO and the smallest of the active armed groups, is fighting for an independent state.
In an effort to understand the current violence and who is involved, this report focuses in detail on three recent major outbreaks. The first, on 4 January 2004, involved carefully coordinated attacks in which militants raided an army arsenal, torched schools and police posts, and the following day, set off several bombs.

The second, on 28 April 2004, involved synchronised attacks on eleven police posts and army checkpoints across Pattani, Yala and Songkhla, and ended in a bloody showdown at the Krue Se Mosque when the Thai army gunned down 32 men inside. By the end of the day, 105 militants, one civilian and five members of the security forces were dead.

The third, on 25 October 2004, began with a demonstration outside a police station and ended with the deaths of at least 85 Muslim men and boys, most from suffocation after arrest as a result of being stacked five and six deep in army trucks for transport to an army base.

There are several explanations, none mutually exclusive, for why violence has escalated. Two of the most plausible are the disbanding of key government institutions, and the fear and resentment created by arbitrary arrests and police brutality, compounded by government failure to provide justice to victims and families. Rapid social change has also contributed to insecurity and frustration in Malay Muslim communities and a feeling that their way of life, values and culture are threatened.

Government missteps in handling the problem include:

failure to diagnose it accurately;
dismantling effective crisis management institutions;
excessive use of force;
failure to properly investigate and punish abuses by members of the security forces;
deployment of officers with little or no understanding of local cultural sensitivities or Malay language skills;
reliance on weak intelligence;
frequent rotation of senior political and security personnel and failure to coordinate some ten security forces and intelligence agencies in the region; and
dismissal of proposals for amnesty and less intrusive methods of regulating religious schools in favour of a more robust military response.
Beyond security measures, the government needs to understand and respond to the political grievances from which perpetrators of violence are drawing strength. The establishment in March 2005 of a National Reconciliation Commission, despite its mainly non-Muslim, non-southern composition, is the first encouraging step in this direction. In order to address immediate sources of tension, however, the government should, at a minimum, undertake a number of additional steps designed to break the cycle of violence by a measured response that acknowledges the need for more than police and military actions.

RECOMMENDATIONS

To the Royal Thai Government:

1. Conduct full and transparent enquiries into the 74 deaths on 28 April 2004 that have yet to be investigated, in particular the nineteen alleged extra-judicial executions at Saba Yoi.

2. Try the four generals implicated in the Krue Se and Tak Bai deaths in April and October 2004 and named by the investigative commissions. Those responsible should be prosecuted to the fullest extent of the law, not merely subjected to disciplinary actions such as transfers.

3. Establish a special commission to investigate the rash of disappearances in the southern provinces, many of which are suspected to be the result of kidnappings by state officials, with particular attention to the case of Somchai Neelaphaijit.

4. Re-examine army and police rules of engagement in the south to better ensure human rights protection.

5. End the unofficial policy of sending corrupt and errant officials to the southern provinces as a punishment post, thoroughly screen officials being transferred from other regions, and provide them with adequate cultural awareness training.

6. Hire, where possible, local Malay Muslims in the local administration and security forces, and reinforce the recent commendable initiative of the Southern Border Provinces Peace-Building Command (SBPPBC) to take on an additional 30,000 locals by providing training to help elevate Malay Muslims to senior positions.

7. Reinstate some form of the Southern Border Provinces Administrative Centre (SBPAC) to coordinate policy and monitor its implementation, with a civilian head mandated to remove corrupt or abusive officials.

8. Make a serious commitment to identifying, understanding, and creating the mechanisms for addressing political grievances, perhaps initially by broadening and deepening the consultative processes of the National Reconciliation Commission.

GLOBALSECURITY.ORG

Thailand Islamic Insurgency

A wave of attacks in southern Thailand forced the government to stop blaming "bandits" and acknowledge, for the first time in decades, that separatist militants were operating in the country. On 05 January 2004 Thai Prime Minister Thaksin Shinawatra declared martial law in most of the affected region, the provinces of Narathiwat, Pattani and Yala. Defence Minister Thamarak Isarangura authorised Fourth Army Region commander Lt-General Phongsak Aekbansingha to place six districts in Narathiwat, three districts in Yala and four districts in Pattani under martial law. This followed a deadly arms raid and arson attack which re-ignited security concerns in the majority Muslim provinces of Southern Thailand. More than 100 assault rifles stolen in a raid on 04 January 2004 by dozens of assailants who killed four Thai soldiers and torched 18 schools. In early 2004 there were reports of more than 100 fighters moving near the border.
The premier blamed the assault on the Mujahideen Islam Pattani, one of several Muslim separatist groups accused of killing about 50 police officers over the previous three years. The banned Pattani United Liberation Organization (PULO) had boasted in May 2003 that Thai security forces were "falling like leaves" as Muslims fought to free the south from Bangkok's rule. PULO Deputy President Lukman B. Lima charged that Bangkok "illegally incorporated" the far south into Thailand 100 years ago and now ruled it with "colonial" repression while "committing crimes against humanity in the area."Historically, this region, consisting of the provinces of Satun, Songkhla, Pattani, Yala, and Narathiwat, has served as a dumping ground for corrupt and/or incompetent civilian and military officials. This has been further aggravated by the population's ethnic make-up, predominantly Thai Muslims, which has produced a major degree of alienation intensified by government misadministration. Additionally, daily life there, particularly in urban areas, is continually plagued by a higher level of common banditry and lawlessness, more so than in the kingdom's other regions, making it very difficult for authorities to differentiate between criminal lawlessness and terrorist acts commissioned by domestic Thai terrorist or Muslim Separatist groups.
The practice of Islam is concentrated in Thailand's southernmost provinces, where the vast majority of the country's Muslims, predominantly Malay in origin, were found. The remaining Muslims were Pakistani immigrants in the urban centers, ethnic Thai in the rural areas of the Center, and a few Chinese Muslims in the far north. Education and maintenance of their own cultural traditions were vital interests of these groups. Except in the small circle of theologically trained believers, the Islamic faith in Thailand, like Buddhism, had become integrated with many beliefs and practices not integral to Islam. It would be difficult to draw a line between animistic practices indigenous to Malay culture that were used to drive off evil spirits and local Islamic ceremonies because each contained aspects of the other. In the mid-1980s, the country had more than 2,000 mosques in 38 Thai provinces, with the largest number (434) in Narathiwat Province. All but a very small number of the mosques were associated with the Sunni branch of Islam; the remainder were of the Shia branch. Each mosque had an imam (prayer leader), a muezzin (who issued the call to prayer), and perhaps other functionaries. Although the majority of the country's Muslims were ethnically Malay, the Muslim community also included the Thai Muslims, who were either hereditary Muslims, Muslims by intermarriage, or recent converts; Cham Muslims originally from Cambodia; West Asians, including both Sunni and Shias; South Asians, including Tamils, Punjabis and Bengalis; Indonesians, especially Javanese and Minangkabau; Thai-Malay or people of Malay ethnicity who have accepted many aspects of Thai language and culture, except Buddhism, and have intermarried with Thai; and Chinese Muslims, who were mostly Haw living in the North.
Following World War II, local Malaysian communists, nearly all Chinese, launched a long, bitter insurgency, prompting the imposition of a state of emergency in 1948 (lifted in 1960). Small bands of guerrillas remained in bases along the rugged border with southern Thailand, occasionally entering northern Malaysia. These guerrillas finally signed a peace accord with the Malaysian Government in December 1989.
In years past, the Muslim separatist groups in southern Thailand and the Communist Party of Thailand dabbled in drug trafficking to raise funds to support their political and operational objectives. As of 2000 there was little if any data linking indigenous terrorists to drug trafficking in Southeast Asia. The Communist Party had not been a viable organization in Thailand for years, and the Muslim separatist movement had fractured into a number of organizations known more for their banditry than their political activities. Drug trafficking did not, therefore, contribute to any significant terrorism on the part of these organizations. In fact, there were no credible reports of any terrorist groups either being based in or conducting terrorist activity within the Kingdom of Thailand.
The 4-province area in the southern-most part of Thailand, which is populated mainly by Muslim Thais, has not been completely pacified. There are still some small groups of Islamic radical, which sometime resort to violent tactics in order to make their presence felt, are still posing problems to public safety in the south. The crack down on terrorist organizations, with connections to international terrorist groups like Al-Queda, may spill over into this sensitive area. The possibility of local Islamic radical groups in the south giving sanctuary or staging location for future attack to fellow neighboring or international factions cannot be totally discounted. It has been a concern among Thai and friendly countries. Authorities have known for quite some time that many Muslim Thai activists went overseas to Islamic schools, where they came under influence of hard-line teachers. Some were reported to have joined the jihad war against the Soviet Army in Afghanistan and returned to Thailand as extremists.
During 2000 authorities responded with military force and legal action to separatist activity in the south. In February, security forces dealt a severe blow to the New Pattani United Liberation Organization -- a Muslim separatist group -- when they killed its leader Saarli Taloh-Meyaw. Authorities claim that he was responsible for 90 percent of the terrorist activities in Narathiwat, a southern Thai province. In April, police arrested the deputy leader of the outlawed Barisan Revolusi Nasional (BRN) -- a Southern separatist group -- in Pattani. The case was still pending before the court at year's end. Authorities suspected Muslim separatists conducted several small-scale attacks on public schools, a government-run clinic, and a police station in the south.
There were some Tamil Tigers in the Phuket area of southern Thailand reportedly involved in heroin smuggling. In addition, they were believed to have purchased weapons for transport to Sri Lanka to support their separatist activities there. The drug proceeds may have been used to purchase any weapons actually acquired. In 2000 Thai officials again publicly pledged to halt the use of Thailand as a logistics base by the Sri Lankan Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE). The pledges, which echoed reassurances made by Bangkok in previous years, followed the discovery in June 2000 of a partially completed submersible at a shipyard in Phuket, Thailand, owned by an LTTE-sympathizer, as well as an unclassified paper by Canadian intelligence published in December that outlined the Tigers' use of front companies to procure weapons via Thailand.
Thailand suffered a number of bombings throughout 2001, many believed by authorities to be the work of Islamic extremists in those countries; few arrests have been made, however. Thai authorities suspect Muslim organized crime groups from the predominately Muslim provinces in southern Thailand were responsible for several small-scale attacks in 2001. One act of terrorism occurred on April 7, 2001 when the Haad Yai train station was bombed resulting in the death of a young boy, injuries to several passengers, and severe damage to property. Others included an unexploded truck bomb that was found next to a hotel in southern Thailand in November, and, in December, a series of coordinated attacks on police checkpoints in southern Thailand that killed five police officers and a defense volunteer.
Thailand faced renewed violence in the southern provinces since 2001, largely blamed on former Muslim insurgents who have turned to banditry. Since the violence resumed some 50 police and soldiers have been killed in incidents that analysts often link to criminal gangs, extortion and smuggling.
Problems began with the government's decision in the summer of 2001 to dismantle the government's once successful intelligence and suppression operations against those separatist and insurgent movements. This was exacerbated by the government’s initial response, which was limited to labeling it a law-enforcement issue and blaming it on gangs of organized criminals and out of work Thai Army officers displaced by the government's policy change. While there is no information that suggests transnational groups had yet become associated with the Al Qaeda network and or that Thai separatist terrorists currently cooperate on any level beyond basic joint operations planning, largely due to divergent goals and interests, it should nevertheless be noted that several Thai military sources reported increased levels of possible Al Qaeda activity in one of the states in Northern Malaysia bordering Thailand. Moreover, on 15 July 2002, Prime Minister Thaksin dramatically reversed his position and ordered the Army, Civilian Military Police (CPM 43) and Ministry of Interior to re-establish their previously dismantled intelligence apparatus, control headquarters and Administrative Center for Southern Border Provinces, respectively. The National Security Council also set up a coordinating center. However, it remained to be seen if that will have any immediate affect on the situation.
Southern Thailand's terrorist incidents in 2002 raised questions about potential Al Qaeda Network involvement. These attacks were the handiwork of a small number of highly organized, experienced insurgents from 4-8 Muslim groups, each numbering no more than 30 people, that have embarked on a concerted and well-planned campaign of ambushes, murders, weapons thefts and criminal extortion since the Thaksin government transferred security responsibilities from the Army to the police last summer. Although some of their activities may have been inspired by the Thai Government’s assistance to the US war on terror, Southern Thailand's stability has always been a direct reflection of Bangkok's degree of control. These groups had not increased their capability to conduct a sustained terrorist campaign and the current threat from Thai Muslim separatist terrorist groups in the region still remains limited despite the recently increased violence attributed to them.
On 10 June 2003 Thai police broke up a cell of the Islamic militant group Jemaah Islamiyah and foiled a plot to bomb embassies in the country. Three Thai men alleged to be members of Jemaah Islamiyah, the group suspected in last year's bombing on the Indonesian resort island of Bali, were arrested in raids on their homes in the Muslim.dominated Narathiwat province, 710 miles south of Bangkok. The development followed the May 16 arrest in Bangkok of Arifin bin Ali, 42, a Singaporean alleged to be a senior member of the terror group.
Thai Muslim separatists may have called on support from the Malaysian Kampulan Mujahedin. The Malaysian group has links to the regional terror organization, Jemaah Islamiyah, which has ties to the al-Qaida terror network. There was talk decades ago about creating a Muslim state in parts of Thailand, Cambodia, and Malaysia, but this has largely disappeared. Some religious leaders in the past, about 60- or 80-years ago, they had some idea to separate southern Thailand as an independent state. Even some, they want to join with Selantan state, Terranganu, and Cambodia and become an Islamic state.
The Free Aceh Movement (Gerakin Aceh Merdeka: GAM) maintains links with Muslim Pattani separatists in Thailand from such groups as the Pattani United Liberation Organization (PULO), Bersatu and Gerakan Mujahideen Islam Pattani (GMIP), and Islamic organizations in Malaysia including the Kumpulan Mujahiden Malaysia (KMM).
On Sunday afternoon [04 January 2004], four Thai soldiers were killed when about 30 armed bandits stormed the army depot in Narathiwat, 720 miles south of Bangkok, stealing a cache of 300 weapons including: 300 assault rifles, 40 pistols and two M-60 machine guns. Deputy Prime Minister Chavalit Yongchaiyudh said the assailants were possibly aided by someone inside the military’s armory. No one has claimed responsibility for either attack. Meanwhile, 18 schools in the same area were set on fire using mosquito coils on petrol-soaked sacks. Government-run secular schools have been targeted in the past because they were seen as anti-Islamic by separatist militants. On Monday, two police-men were killed when a bomb they were trying to defuse (planted on a motorcycle parked outside a shopping mall in Pattani) exploded. Meanwhile, another policeman was hurt when an explosion ripped through a police box in a nearby public park. Two more bombs were found and defused in a shopping-mall telephone booth and nearby petrol station. Police Commissioner General Sant Sarutanond said intelligence officers had leant that a group of 12 Muslim terrorists had planned to plant bombs in the four Muslim-dominated provinces as part of an ongoing terror campaign. Attacks on police posts continued until Wednesday. However, following the attacks, the army has offered a reward of Bt1million for information leading to the arrest of those responsible. Over the weekend, the Thai government imposed martial law in the three southernmost provinces: Narathiwat and Yala (which border Malaysia), as well as Pattani -— dispatching 3,000 troops to the Muslim-majority region. According to officials, key members of the Gerakan Mujahideen Islam Pattani (GMIP), the Barison Revolusi Nasional (BRN), and both the old and new Pattani United Liberation Organization (PULO) were being closely followed. Government security adviser Kitti Rattanachaya told the media that the attacks were likely carried out by a local separatist group with the help of al-Qaida linked terrorists. As of Thursday, authorities had detained five and questioned 30 people in connection with the attacks. Malaysia has vowed to enforce necessary measures to bar the suspects from fleeing to its territory by dispatching troops to the Thai-Malaysian border following Bangkok’s request. Meanwhile, senior military officials are considering the need to rebuild intelligence networks, in an area of the country where the domestic population are considerably more hostile to authorities. Also, Thailand has asked Jakarta to monitor Thai Muslim students in Indonesia for signs of militancy following the attacks.
Prime Minister Thaksin Shinawatra’s swift response, including full-scale bilateral coordination efforts with bordering countries (Malaysia and Indonesia) amplifies the government’s precarious position of eliminating terrorism in a Muslim-dominated region. While necessary to sustain peace and order, acknowledging the presence and activity of Islamic separatists groups may prove more of a hindrance to Bangkok’s efforts, further widening the existing gap between the already discontented Muslim population and government authorities. Meanwhile, local community leaders have warned that such heavy-handed action could drive away future tourism and foreign investment opportunities to the area.
Thailand rejected claims violence in its Muslim-dominated south was linked to international terror groups, while the defence minister confirmed two arrests had been made. Foreign Minister Surakiart Sathirathai said no evidence supported the theory that culprits behind the deadly attacks were linked to regional terror group Jemaah Islamiyah (JI), as claimed by a top security official. Since the attacks began in January 2004 about 70 people died, mostly in drive-by killings by men on motorcycles.
As many as 112 people were killed in late April in clashes between security forces and militants who attacked more than a dozen security posts in three southern provinces. Most of the attackers were in their twenties and their leaders wore black T-shirts - indicating a high level of organization. Officials believed the attackers wanted to steal weapons, as in a similar attack in January 2004 on an army barracks in which four soldiers were killed. The government said it believed the unrest was not due to religious extremists, but rather criminals seeking to cover up their illegal activities.

Tuesday, July 05, 2005

AMAZONES

Trouve sur le blog de Michael Yon: Lt Noah Harris


Trouve chez USASOC: Sgt April Pashley


Sgt. April Pashley, 404th Civil Affairs Battalion, is awarded the new Combat Action Badge by Army Chief of Staff Gen. Peter J. Schoomaker. Pashley came under fire while guarding coalition forces in Iraq with her Army Reserve special operations unit from Fort Dix, N.J.

Monday, July 04, 2005

PETIT TEXTE A L'USAGE DES HABITANTS DE LA FUTURE REPUBLIQUE ISLAMIQUE FRANCAOUI.( Source: La Maison de l'Islam )

Les droits des non musulmans en terre musulmane.

Les non-musulmans ont le droit de vivre en terre musulmane en tant que citoyens de cette terre. En islam, la contrainte est interdite pour faire adhérer quelqu'un à l'islam, et les non-musulmans – quelle que soit leur religion – ont droit à la liberté de conscience et de religion. C'est ce qu'on appelle les dhimmis, mot signifiant "protégé", "à la garde (des musulmans)".

A) Le verset du Coran qui aborde ce thème

Le verset qui fait allusion aux dhimmis dit d'eux qu'"... ils donnent la jizya par leur main ("'an yadin") en faisant acte de soumission ("wa hum sâghirûn")" (Coran 9/29). Que représente la jizya, nous le verrons plus bas. La question qui se pose ici concerne la traduction des deux groupes de mots que j'ai retranscrits entre parenthèses.

Que signifie "'an yadin" ? Al-Qâdhî Ibn al-Arabî cite pas moins de quinze explications, lesquelles, dit-il, peuvent toutes être ramenés à deux catégories principales : soit on prend ces mots au sens propre, soit au sens figuré (Ahkâm ul-qur'ân). Saïd Ramadan a donné préférence au sens : "en ayant les moyens de le faire" (Le droit islamique, son envergure et son équité, Saïd Ramadan, Al-Qalam, Paris, 1997, p. 158).

Quant au deuxième groupe de mots, que signifie-t-il ? Saïd Ramadan écrit : "Une autre difficulté linguistique a également donné lieu à une polémique étendue. Le mot arabe "sâghirûn", par lequel cette injonction s'achève, est une dérivation du verbe "saghara", qui signifie "se soumettre" ou "être soumis à". La force de ce mot a cependant introduit une notion d'humiliation dans de nombreuses interprétations" (op. cit., p. 160). Certains juristes du passé ont en effet compris de ce mot qu'il fallait que le dhimmi paie sa jizya en étant humilié. Pour sa part, le savant Ibn Qayyim a pris position par rapport à cette interprétation. Après avoir avoir cité quelques-unes d'entre elles, il a écrit ainsi : "Tout ceci n'a aucun fondement et ne découle pas du contenu de ce verset. Il n'est non plus rapporté ni du Prophète ni de ses Compagnons qu'ils aient agi ainsi. La vérité à propos de ce verset est que le mot "saghâr" signifie "l'acceptation, par les non-musulmans, du cadre du droit musulman et leur acquittement de la jizya" (Ahkâm ahl idh-dhimma, tome 1 pp. 23-24).

Ces explications concernant ces deux groupes de mots ont été aussi citées dans Al-ahkâm as-sultâniyya, Al-Mâwardî, p. 182.

D'autre part, il faut ajouter à cela que, d'après Al-Qardhâwî, si des communautés non-musulmanes vivant en pays musulman veulent ne pas être désignées par le terme "dhimmis", il est possible de les appeler par exemple "citoyens"
(Monsieur est trop bon !) ou autre, l'important étant que les principes de l'islam soient respectés. En effet, écrit Al-Qardhâwî, le calife Omar est lui parti jusqu'à accepter, à la demande des Banû Taghlib, le terme "sadaqa" au lieu de "jizya" (Politiquement correct quand tu nous tiens...)
(Al-aqalliyyat ad-dîniyya wal-hall al-islâmî, p. 30).

B) Qui peut être citoyen non-musulman d'une terre musulmane ?

Cela est clair pour les Juifs et les Chrétiens, dont le Coran fait explicitement mention. De même, le Prophète avait accepté que soient dhimmis des Zoroastriens ("majûs") qui vivaient à Hajar, sur la côte orientale de l'Arabie (rapporté par Al-Bukhârî, n° 2987, etc.). Le cas des idolâtres n'est pas mentionné explicitement dans les sources et fait l'objet de divergences d'opinions parmi les savants ; Aboû Hanîfa et Mâlik sont d'avis que les idolâtres peuvent vivre en Etat musulman (sauf en Arabie d'après Aboû Hanîfa). Et c'est leur opinion qui est juste ici. En effet, même si les Zoroastriens se réfèrent au message et au livre apportés par un réformateur ayant peut-être été un prophète de Dieu (lire mon article : Zoroastre et son message), ils ne sont pas des Gens du Livre, car ils ont, au fil du temps, opéré de tels changements par rapport à ce message qu'il est impossible de dire d'eux qu'ils sont demeurés monothéistes ; en effet, ils croient désormais en deux divinités, l'une du bien, Yazdân, l'autre du mal, Ahriman ; et ils rendent un culte au feu. Certes, le Prophète n'a jamais établi de contrat de dhimma avec des idolâtres, mais, écrit Ibn Qayyim, cela ne signifie pas qu'il soit impossible de le faire : si le Prophète n'a pas établi un contrat de dhimma avec des idolâtres, c'est parce que l'institution de ce contrat de dhimma a été révélée l'année de Tabûk, en l'an 9 de l'hégire, à un moment où les Arabes idolâtres s'étaient déjà convertis à l'islam [pour certains] (Az-Zâd, tome 5 p. 91, tome 3 p. 154), pour d'autres avaient déjà conclu d'autres types de traités avec le Prophète. Ibn Qayyim écrit : "On sait que ces Arabes se référaient à la religion de Abraham, lequel avait laissé des écritures ("suhuf") et une voie ("sharî'a"). Les changements que ces adorateurs d'idoles [les Arabes] avaient effectués dans la religion et la voie de Abraham ne sont pas plus grands que ceux que les Zoroastriens ont effectués dans la religion de leur prophète et dans leurs écritures si [l'existence d'un tel prophète et d'écritures parmi eux] est établie" (Az-zâd, tome 5 p. 92). En effet, écrit Ibn Qayyim, "les idolâtres [Arabes] reconnaissaient l'unicité divine en ce qui concerne la gestion des événements ("tawhîd ar-rubûbiyya") et le concept que Dieu est le seul créateur ; ils disaient que s'ils adoraient des entités distinctes de Lui, c'était pour qu'elles les rapprochent de Lui." "Ils ne sont pas allés jusqu'à dire qu'il y aurait deux créateurs du monde, l'un du bien l'autre du mal, comme le disaient les Zoroastriens" (Az-zâd, tome 5 p. 91). Or, comme chacun le sait, les Arabes de la période pré-islamique n'ont pas été considérés par le Coran comme des Gens du Livre mais comme des polythéistes (mushrikûn). Comment donc les Zoroastriens, qui ont opéré dans la religion originelle des changements plus grands que ceux qu'y ont opérés les Arabes, seraient-ils des Gens du Livre et non des polythéistes ? Ibn Qayyim écrit également : "Quelle différence y a-t-il entre ceux qui rendent un culte à des idoles et ceux qui rendent un culte au feu ?" (Ibid., tome 5 p. 91 ; voir aussi tome 3 p. 153). Quant au Hadîth "Qu'il en soit avec eux comme avec les Gens du Livre", s'il est authentique (voir Nasb ur-râya), il semble indiquer que les Zoroastriens ne sont pas des Gens du Livre, puisqu'il est demandé d'agir avec eux… comme on agit avec les Gens du Livre ; lesquels Gens du Livre sont donc autres qu'eux (Majmû' ul-fatâwâ, tome 32 p. 189). Enfin, Ibn Abbâs, parlant de l'offensive des Byzantins contre les Perses au VIIème siècle (la religion officielle de la Perse était alors le zoroastrisme), événements dont le Coran fait mention (30/2-6), rapporte que les polythéistes Mecquois souhaitaient la victoire des Perses, "qui étaient polythéistes comme eux", alors que les musulmans souhaitaient celle des Byzantins, "qui étaient des Gens du Livre" (rapporté par At-Tirmidhî, n° 3193, voir Majmû' ul-fatâwâ, tome 32 p. 188).
C'est bien cet avis qui fait que, en Inde musulmane, les hindous ont pu, durant des siècles, vivre dans un Etat musulman.
Le cas des agnostiques et des athées devrait faire l'objet d'un raisonnement (ijtihad) de la part des juristes musulmans contemporains.

C) Droits et devoirs des citoyens non-musulmans d'une terre musulmane

C.1) La protection de la vie, des biens et de la religion

Pour ce qui est de la liberté de culte, il suffit de citer à ce sujet le célèbre verset du Coran : "Pas de contrainte en religion" (Coran 2/256).

Et voici quelques textes concernant la protection de la vie et des biens des non-musulmans : le Prophète a dit : "Celui qui tue un mu'âhid [= un non-musulman citoyen de l'Etat musulman, ou citoyen d'un Etat non-musulman étant en paix avec les musulmans], il ne sentira même pas le parfum du paradis" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 2995 ; rapporté avec une variante par At-Tirmidhî, n° 1403, ou par An-Nassaï, n° 4748). Ceci veut dire que ce musulman a commis quelque chose de strictement interdit, qui peut le conduire bien sûr aux règles prévues dans ce monde, et au châtiment dans l'Au-delà (sauf intervention divine) avant son admission au paradis s'il est mort avec la foi. "Ecoutez bien : celui qui est abuse sur un mu'âhid, usurpe ce qui lui revient, le force à faire ce qui est au-dessus de ses forces, ou prend quelque chose lui appartenant sans son accord, je serai l'adversaire de celui-là le jour du jugement" (rapporté par Abû Dâoûd, n° 3052).
Mortellement blessé par un dhimmi (un citoyen non-musulman), le calife Omar exprime, sur son lit de mort, ses dernières recommandations à l'attention de celui qui sera choisi comme calife après lui. Parmi celles-ci : "Et je lui recommande les dhimmis, ces gens avec qui un contrat a été fait au nom de Dieu, par le Prophète : je lui recommande de respecter le contrat conclu avec eux, que leur défense militaire soit assurée et qu'il ne leur soit pas demandé de faire ce qui est au-dessus de leurs forces" (rapporté par Al-Bukhârî, n° 3497).
D'après Abû Hanîfa, la peine de mort est applicable à un citoyen musulman reconnu coupable de meurtre sur la personne d'un citoyen non-musulman, si bien sûr la famille de celui-ci en fait la demande. Du Hadîth disant : "Un musulman ne doit pas être mis à mort pour un non-musulman, ni un homme protégé lorsqu'il est protégé" (rapporté par Abû Dâoûd, n° 4530), Abû Hanîfa dit que le "non-musulman" ici désigné est celui qui est en guerre contre les musulmans, non celui qui est en paix.

Les citoyens non musulmans d'un pays musulmans ont le droit d'y vivre leur culte dans le cadre de l'ordre public, et ont le droit également de bâtir des édifices religieux en cas de besoin. Al-Qardhâwî, après avoir cité l'avis autorisant ceci, cite le nom d'églises qui ont été bâties en terre musulmane dès les premiers temps de l'Islam, en Egypte notamment (Ghayr ul-muslimîn fil-mujtama' al-islâmî, pp. 20-21). (Quant au Hadîth "Lâ tubnâ kanîssa fil-islâm, wa lâ yubnâ mâ kharaba minhâ", Ibn Hajar en dit qu'il a été rapporté par Ibn 'Adî avec une chaîne de transmission faible. Du Hadîth "Lâ ikhsâ'a fil-islâm wa lâ binâ'a kanîssa", Ibn Hajar dit qu'il a été rapporté par Al-Bayhaqî avec une chaîne de transmission faible, et par Abû 'Ubayd par une chaîne également faible (mursal) : cf. Ad-dirâya fî takhrîj ahâdîth al-hidâya, Ibn Hajar, kitâb as-siyar, bâb al-jizya.)

Les autorités ne peuvent demander aux citoyens non-musulmans de faire ce que leur religion leur enseigne être interdit pour eux : en terre musulmane, "si le juif veut s'abstenir de travailler le samedi, on ne peut le forcer à le faire ce jour-là" (Al-aqalliyyât ad-dîniyya wal-hall al-islâmî, Al-Qardhâwî, p. 34). Al-Qardhâwî cite des ulémas de siècles précédents, qui ont écrit que le tribunal d'un pays musulman ne peut pas convoquer un citoyen juif le samedi (Ibid.). Al-Qardhâwî écrit également : "Si le chrétien veut aller à l'église le dimanche, on ne peut l'en empêcher" (Ibid.). Ceci veut apparemment dire que, dans un pays musulman, des aménagements doivent être trouvés pour les citoyens non-musulmans, par rapport à des retards aux cours de l'école publique ou par rapport à des absentéismes lors de fêtes religieuses.

C.2) Que signifie la jizya ?

Le citoyen non-musulman doit, en terre musulmane, s’acquitter d’un impôt personnel, la jizya. Certains ont beaucoup parlé de cet impôt, qui est selon eux le pendant musulman de l'antique capitation romaine. Il n'en est rien, pourtant. Il s'agit d'une compensation financière pour la non-participation du citoyen non-musulman à la défense du pays (étant donné que cette défense relève d'un caractère religieux dominant) (Al-Hidâya, Al-Marghînânî, tome 2). Mais si ce citoyen s’engageait à participer à la défense du pays, il était relevé de cet impôt. Quant à celui qui optait pour la conversion à l’islam, il était sujet, s’il possédait des richesses, à la zakâte, également personnelle, et que l’on peut traduire par "impôt social purificateur" (c'est ce à quoi tous les musulmans sont sujets).
Le montant de la jizya est variable et doit être établi d'après le lieu et l'époque. Omar avait distingué trois types de montants, d'après le degré de richesse des gens.


C.3) Une apparence vestimentaire particulière ?

Enfin, je ne peux pas ne pas aborder ici un élément qui est source de nombreux malentendus. Il s'agit de l'apparence vestimentaire des citoyens non-musulmans. Se basant sur le contrat passé par le calife Omar à ce sujet (le Coran et les Hadîths ne disent rien de tel), des juristes musulmans du passé ont écrit en détails certains vêtements que les dhimmis devaient, ou au contraire ne devaient pas porter. Certains écrivains non-musulmans ont alors trouvé là matière à critique, d'aucuns y ayant même vu le pendant de l'étoile jaune que les juifs devaient porter en France lors de l'occupation nazie (!).
Il n'en est rien, pourtant. En fait l'islam attache une certaine importance au port de symboles religieux : c'est pourquoi les musulmans eux-mêmes ne doivent pas porter tout ce qui traduirait l'appartenance de celui ou de celle qui le porte à une religion autre que l'islam (kippa, crucifix, etc.). De plus, les citoyens musulmans d'une terre musulmane doivent eux aussi garder leur identité propre par leur apparence générale et s'abstenir de porter les vêtements portés par les non-musulmans.
Il ne s'agit donc nullement du port d'un insigne diffamant ou humiliant, mais du fait que chacun doit garder son identité apparence générale : cela évite de se tromper sur l'identité de tel et tel citoyen avec les conséquences que cela pourrait avoir puisque les non-musulmans ont des droits civils (comme celui de consommer l'alcool) que les musulmans n'ont pas. De même, cela évite à un citoyen non-musulman décédant subitement là où personne ne le connaît d'être considéré comme musulman et d'être alors enterré parmi les musulmans après avoir reçu les rites funéraires musulmans, ce que sa famille elle-même refuserait. Muhammad Hamidullah écrit très justement : "Cette règle n'était pas contre les dhimmis mais en leur faveur. Elle n'avait pas été mise en place pour les humilier mais au contraire pour leur intérêt. Le complexe d'infériorité qui naît chez l'homme gouverné le pousse en général à imiter aveuglément l'apparence vestimentaire de ceux qui le gouvernent. Quand (Omar) a demandé aux dhimmis de leur époque de s'habiller de leurs propres vêtements et de ne pas imiter les musulmans dans leur apparence vestimentaire propre, il les a en fait aidé à protéger leur identité culturelle propre en terre musulmane. Si les musulmans avaient agi avec les dhimmis en les amenant à s'assimiler à leur culture à eux, comme les Européens l'ont fait dans les pays qu'ils avaient colonisés, il n'y aurait plus aujourd'hui de trace d'une religion et d'une culture non-musulmane en terre musulmane" (Introduction à Ahkâm ahl idh-dhimma).

Il faut enfin ajouter à cela deux choses :

Les détails vestimentaires décrits par des juristes du passé expriment les modalités d'application du principe que nous venons de voir par rapport à un contexte précis. Ce ne sont pas ces détails mais le principe qu'il faut prendre en compte.

Certains juristes musulmans contemporains (par exemple Al-Qardhawî) sont d'ailleurs d'avis que l'objectif de ce principe étant de ne pas confondre musulmans et non-musulmans, cet objectif peut aujourd'hui être atteint par d'autres moyens tels que carte d'identité etc., et la différenciation au niveau vestimentaire n'a plus sa raison d'être (cf. Sharî'at ul-islâm sâliha lit-tatbîq fî kulli zamân wa makân, p. 96-97).

C.4) L'application de quelles lois ?

Dans un pays musulman, certains voient dans le fait que ce soient des lois établies à la lumière des sources de l'islam qui sont appliquées une violation des droits des minorités non-musulmanes qui y vivent. Ils disent : "Etant donné que les minorités n'adhérent pas à la religion musulmane, on ne voit pas pourquoi elles devraient accepter l'application des lois de cette religion."
Il faut dire à ce sujet deux choses. La première est que, dans tout pays, c'est la volonté de la majorité qui est appliquée : c'est bien pourquoi les musulmans vivant dans les pays occidentaux laïques respectent le cadre laïque de leur pays.
La deuxième chose que nous aimerions dire ici est que le terme "lois musulmanes" ne signifie pas " lois religieuses de l'islam", avec le terme "religieux" pris dans son sens occidental. En fait nous nous trouvons ici face à un problème de communication : le mot "religieux" en français signifie quelque chose de différent de ce que le même mot signifie en arabe (pour en savoir plus, cliquez sur ce lien : "Le concept du "dîn" en islam"). Or, les lois de l'islam qui concernent ce qui est "religieux" (au sens français du terme) sont justement celles qui ne sont pas appliquées aux minorités non-musulmanes vivant en terre musulmane : ainsi, elles n'ont pas à venir faire la prière (salât), ni ne sont tenues de s'acquitter de la zakât (impôt social purificateur), ni ne sont tenues de s'abstenir de la consommation de porc et d'alcool (à condition de respecter l'ordre public en la matière et donc de ne pas en faire de consommation ostentatoire). De même, pour ce qui est des lois familiales (lois du mariage et du divorce), ces minorités ont le choix entre l'adoption des lois de l'islam en la matière et la conservation de leurs propres lois : des juristes musulmans des premiers siècles de l'islam étaient d'avis que les individus non-musulmans ont le droit, en terre musulmane, d'épouser une femme avec qui le mariage est autorisé d'après leur loi propre, même si un tel mariage est interdit en islam (comme le mariage d'un homme avec la fille de sa soeur, permis dans le judaïsme, interdit dans l'islam).
En fait, dans les lois de l'islam, il n'y a que les dimensions civiles et pénales auxquelles tous les citoyens – musulmans et non-musulmans – d'une terre musulmane soient assujettis de la même manière. Pour les dimensions religieuse et matrimoniale, les citoyens non-musulmans d'un pays musulman vivent leurs propres lois et ont donc leurs propres textes et leurs propres tribunaux. Pour plus de détails, se référer à l'ouvrage de Al-Qardhâwî : Ghayr al-muslimîn fil-mujtama' al-islâmî, pp. 43-45.
Tout ce qui précède, des chrétiens citoyens de pays majoritairement musulman l'ont eux-mêmes expliqué. Le chrétien Amîn Nakhla expliquait ainsi : "L'islam possède deux dimensions : l'une est religieuse, l'autre civilisationnelle" (cité dans Al-aqalliyyât ad-dîniyya wal-hall al-islâmî, p. 63). Les choses étant ainsi, "la formule du leader wafdiste chrétien Makram Ebeid ("Ma patrie est l'islam, ma religion le christianisme")" ainsi que celle du père Khodr, "qui aime à dire qu'il n'est "peut-être pas musulman mais néanmoins "islamique"", sont tout à fait compréhensibles (formules citées par François Burgat dans L'islamisme en face, respectivement p. 135 et pp. 135-136, note de bas de page). C'est ce qui faisait dire à Faris al-Ghouri, un chrétien de Syrie qui avait été représentant de son pays auprès des Nations-Unies et qui en avait été le premier ministre : "Je suis chrétien mais je le dis clairement : (...) il n'y a rien qui empêche l'application des principes de l'islam dans notre société" (cité dans Al-aqalliyyât ad-dîniyya wal-hall al-islâmî, p. 64).

C.5) Les citoyens non-musulmans d'une terre musulmane peuvent-ils y accéder à des postes administratifs ?

Al-Qardhâwî écrit à ce sujet : "Les citoyens non-musulmans ont le droit d'accéder aux postes de fonctionnaires de l'Etat, tout comme les musulmans. L'exception concerne les postes où domine une teinte religieuse, comme être imam, collecteur d'aumônes, major des armées ou chef d'Etat" (Ghayr al-muslimîn fil-mujtama' al-islâmî, p. 23). Le fait que la fonction du Chef d'Etat soit réservé à un musulman pourrait faire tiquer. Ce serait oublier que de nombreuses Constitutions d'Etats modernes réservent elles aussi cette fonction à une confession donnée : ainsi en est-il de la Suède, pour ne citer qu'elle.

D) Une réponse originale à la question des minorités

En terre musulmane, la citoyenneté s'exprime donc à deux niveaux : celui de l'Etat qui fait de chacun un citoyen à part entière, qu'il soit musulman ou qu'il ne le soit pas, et celui de la communauté à laquelle le citoyen appartient, pour laquelle il existe une autonomie de culte, de langue et de législation pour les dimensions citées plus haut. Ainsi, un chrétien vivant en terre musulmane est de la même citoyenneté que les musulmans qui vivent dans cet Etat, et est de la nationalité qu'il partage avec ses coreligionaires. Ces deux niveaux expriment respectivement l'adhésion sociale aux règles fondamentales de la société où l'on vit, et la possibilité d'adhérer aux règles de ce en quoi on croit. Cette particularité prévue par l'islam permet en terre musulmane non seulement un pluralisme religieux mais également un certain pluralisme juridique et culturel. Or, c'est justement un des points que ne parvient pas à offrir le concept d'Etat-nation contemporain. Tariq Ramadan cite Fabienne Rousso-Lenoir : "Appréhendé dans la seule optique de l'Etat-nation par le droit des droits de l'homme, l'homme minoritaire acquiert les mêmes droits que les autres, mais y perd cette partie de lui-même qui en est différente et qui ne peut s'exprimer que dans et par le groupe auquel il appartient" (Islam, le face à face des civilisations, Tawhid, Lyon, 1995, p. 175).

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).


Le retour du khomeynisme radical (Source: Le Figaro)

Les élections iraniennes ont eu un mérite majeur, celui de la clarté. L'arrivée de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique, ce 24 juin, ne constitue pas un grand tournant stratégique, mais un simple alignement des pouvoirs. Puisque le vrai détenteur du pouvoir, le guide de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei n'a pas changé. Le président de la République n'est que la «vitrine» du régime. Car, après huit ans de présidence, Mohamed Khatami, un intellectuel réformiste, élu et réélu par plus de vingt millions de suffrage, s'est trouvé dans l'incapacité de mettre en place ses réformes. Le guide et ses relais ont tout bloqué.
En effet, le concept de
wilayat el-faghih, en vigueur à Téhéran depuis la révolution khomeyniste, attribue au guide un pouvoir exorbitant puisqu'il lui accorde le statut de représentant du Prophète sur terre, alors qu'il n'est élu que par quatre-vingt-six mollahs, lesquels pèsent bien plus lourd que les vingt millions d'Iraniens qui avaient voté pour Khatami. L'Iran est une «démocratie» particulièrement sélective. Le Conseil des gardiens filtre les candidats et ne retient que ceux qui sont «compatibles» avec les valeurs islamiques.
Ce «filtre» purificateur élimine les candidats jugés incertains ou menaçants pour la pérennité du régime islamique.
L'Iran a appliqué ce principe avec plus de rigueur depuis le débarquement de l'armée américaine à Bagdad. Le guide et son conseil ont alors décidé de ne plus tolérer la moindre divergence au sein du régime qui puisse profiter au «Grand satan» en lui permettant de s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Iran. Cette stratégie explique pourquoi les candidats réformateurs aux législatives de février 2004 – fussent-ils des députés sortants – aient été éliminés d'office et interdits de se présenter devant les électeurs. La même chose s'est reproduite lors des élections présidentielles, où il a fallu l'intervention du guide pour imposer la candidature d'un réformateur qui devait drainer un grand nombre d'électeurs et faire bondir le taux de participation.
La mollarchie iranienne peut paraître «progressiste» quand on la compare à la monarchie absolue saoudo-wahhabite d'Arabie. Mais ne fondons pas notre jugement sur les apparences. Le régime iranien cherche à renouer avec son élan fondateur en s'appuyant sur un président «laïc», beaucoup plus en phase avec la doctrine khomeyniste que ne l'était le religieux et réformateur sortant Khatami.
Ahmadinejad a séduit l'électorat islamique et populaire par son humilité, son austérité, son profil bas, son discours sur la lutte des classes, par le peu de moyens déployés pendant sa campagne et par les thèmes accessibles à la masse qu'il a développés. Il a promis de moraliser la vie économique et d'y mettre de l'ordre.
Alors que son adversaire du second tour Hachémi Rafsandjani a mené une campagne à l'américaine, où des jeunes filles maquillées arborant son portrait, traversaient les villes en rollers, ou circulaient à bord de belles voitures. Il a servi de repoussoir, tant son image d'«insubmersible caméléon» qui règne sur des réseaux pour le moins douteux, est dégradée.
Les réformistes se sont massivement abstenus, déçus et échaudés par la malheureuse expérience de leur ex-champion Khatami. L'appareil des radicaux était au service d'Ahmadinejad. L'un des fils du guide a fait partie d'un comité de l'ombre, chargé de noircir l'image de Rafsandjani, pendant la campagne. Désormais, tout le pouvoir est contrôlé par les radicaux les plus durs.
Plusieurs défis attendent l'Iran, dont les plus importants sont du ressort exclusif du guide. Les «domaines réservés» de la politique étrangère, de la défense, de la sécurité (les troubles du
Khouzistan ont fait une cinquantaine de morts parmi les Arabes, en trois mois), du nucléaire et de la rente échappent totalement à Ahmadinejad, comme ils ont échappé à son prédécesseur.
A court terme, il ne peut y avoir de perspectives d'amélioration des relations avec Washington. Téhéran serait tenté d'attirer et de favoriser les intérêts économiques européens pour nuire aux intérêts américains et diviser le camp occidental. Mais l'Iran se tourne de plus en plus vers l'Inde et la Chine pour attirer les investissements, exporter ses hydrocarbures et bénéficier du veto chinois au Conseil de sécurité de l'ONU, au cas où des sanctions seraient présentées contre lui.
Les néoconservateurs de Washington et de Téhéran auront du mal à s'entendre. Pourtant, une perspective d'alliance durable, au détriment de celle avec les wahhabites saoudiens, s'était présentée au lendemain des attaques du 11 Septembre, et la double réplique américaine en Afghanistan et en Irak. Mais les deux équipes aux commandes ne se font aucune confiance. Washington n'a toujours pas oublié, ni pardonné, la prise d'otages de ses diplomates à Téhéran, pendant 444 jours (1979). A leur tour, les Iraniens dressent une longue liste de reproches, tout aussi graves, aux Américains. Les lignes de friction sont multiples, elles s'étendent de l'Irak à l'Afghanistan en passant par le terrorisme et la prolifération nucléaire.
Sur ce dernier point, les Européens et les Américains partagent souvent la même analyse et le même intérêt. Le triumvirat européen qui négocie avec Téhéran aura d'autant plus de crédibilité quand il peut s'appuyer sur la dissuasion américaine. Faisant parti du «domaine réservé» du guide, ce dossier ne connaîtra pas de grands changements de fonds. Même si, sur la forme, l'Iran s'exprimera avec moins d'ambiguïté et plus de «virilité».
La politique régionale du «nouvel Iran» apportera un soutien plus prononcé aux radicaux. Le Hezbollah libanais s'en réjouit. Car il redoutait une lutte de pouvoir à Téhéran entre le guide et Rafsandjani qui aurait affaibli le régime ; tout comme un rapprochement de ce dernier avec Washington. Les monarchies du Golfe s'inquiètent aussi de la nouvelle donne à Téhéran qui peut renouer avec la mobilisation identitaire des minorités chiites.
L'autre «domaine réservé» est celui des hydrocarbures, vache à lait des mollahs. Les menaces formulées par le candidat Ahmadinejad sur les intérêts des compagnies étrangères, dans les hydrocarbures notamment, pourraient se révéler comme un feu de paille électoral. Ce secteur stratégique relève des pouvoirs du guide, lequel a pour souci premier d'enrayer la chute de la production de ses gisements (7 à 8% par an) et d'atteindre rapidement une production de 7 millions de barils/jours. Or, ces objectifs ne peuvent être atteints sans l'apport fondamental, technique et financier, des compagnies étrangères.
Les propos du candidat Ahmadinejad sur l'économie étaient essentiellement destinés à accabler son adversaire Rafsandjani, devenu le passage quasi obligé des investissements stratégiques étrangers. Mais ce qui changera probablement, c'est l'identité des intervenants dans le secteur, au détriment du clan Rafsandjani. Mais en Iran comme ailleurs, il faut interpréter les propos de campagne avec quelques précautions. Gageons que les réalités économiques et internationales se chargeront de dicter à l'Iran un comportement moins doctrinal que le discours idéologique et antidémocratique du candidat Ahmadinejad.
En matière de politique intérieure, le président élu, en harmonie avec le guide, peut avoir les coudées plus franches. Outre le règlement de comptes prévisible avec le clan Rafsandjani, un durcissement est annoncé quant au retour aux valeurs fondatrices de la République islamique. Ahmadinejad rêve d'imposer des valeurs proches de celles prônées par le wahhabisme saoudien, pourtant sunnite (tenues vestimentaires réglementées, barbes et tchadors obligatoires, transformation des centres culturels, surveillance impitoyable des moeurs).
Aussi, les heurts avec la société civile libérale sont à craindre. Les «post-khomeynistes» ont acquis quelques droits et libertés sous Khatami et ils en revendiquent d'autres. La jeunesse n'est pas prête à abandonner ses acquis. Elle est même disposée à se frotter aux pasdarans, qui ne lui font plus peur.
En voulant mettre en place «une société islamique exemplaire, puissante et moderne», tout en appliquant les recettes qui ont abouti à l'échec des Talibans en Afghanistan, Ahmadinejad récoltera les mêmes régressions enregistrées à Kaboul.
Il est indéniable que la promotion d'Ahmadinejad atteste d'un durcissement du régime et d'un retour au khomeynisme radical. L'objectif étant de resserrer les rangs autour du guide et de préparer la double confrontation qui s'annonce à l'intérieur du pays et avec le «nouveau voisin» américain dont l'armée campe sur plusieurs frontières de l'Iran. Téhéran développe désormais le «complexe de l'assiégé». Pourtant, le «tigre» américain se retrouve affaibli, mais pas assommé, par la guerre d'usure subie en Irak.
INDEPENDENCE DAY



Uses of Great Men (Words of Mr Ralph Waldo Emerson)

It is natural to believe in great men. If the companions of our childhood should turn out to be heroes, and their condition regal it would not surprise us. All mythology opens with demigods, and the circumstance is high and poetic; that is, their genius is paramount. In the legends of the Gautama, the first men ate the earth and found it deliciously sweet.
Nature seems to exist for the excellent. The world is upheld by the veracity of good men: they make the earth wholesome. They who lived with them found life glad and nutritious. Life is sweet and tolerable only in our belief in such society; and, actually or ideally, we manage to live with superiors. We call our children and our lands by their names. Their names are wrought into the verbs of language, their works and effigies are in our houses, and every circumstance of the day recalls an anecdote of them.
The search after the great man is the dream of youth and the most serious occupation of manhood. We travel into foreign parts to find his works,- if possible, to get a glimpse of him. But we are put off with fortune instead. You say, the English are practical; the Germans are hospitable; in Valencia the climate is delicious; and in the hills of the Sacramento there is gold for the gathering. Yes, but I do not travel to find comfortable, rich and hospitable people, or clear sky, or ingots that cost too much. But if there were any magnet that would point to the countries and houses where are the persons who are intrinsically rich and powerful, I would sell all and buy it, and put myself on the road today.
The race goes with us on their credit. The knowledge that in the city is a man who invented the railroad, raises the credit of all the citizens. But enormous populations, if they be beggars, are disgusting, like moving cheese, like hills of ants or of fleas,- the more, the worse.
Our religion is the love and cherishing of these patrons. The gods of fable are the shining moments of great men. We run all our vessels into one mould. Our colossal theologies of Judaism, Christism, Buddhism, Mahometism, are the necessary and structural action of the human mind. The student of history is like a man going into a warehouse to buy cloths or carpets. He fancies he has a new article. If he go to the factory, he shall find that his new stuff still repeats the scrolls and rosettes which are found on the interior walls of the pyramids of Thebes. Our theism is the purification of the human mind. Man can paint, or make, or think, nothing but man. He believes that the great material elements had their origin from his thought. And our philosophy finds one essence collected or distributed.
If now we proceed to inquire into the kinds of service we derive from others, let us be warned of the danger of modern studies, and begin low enough. We must not contend against love, or deny the substantial existence of other people. I know not what would happen to us. We have social strengths. Our affection toward others creates a sort of vantage or purchase which nothing will supply. I can do that by another which I cannot do alone. I can say to you what I cannot first say to myself. Other men are lenses through which we read our own minds. Each man seeks those of different quality from his own, and such as are good of their kind; that is, he seeks other men, and the otherest. The stronger the nature, the more it is reactive. Let us have the quality pure. A little genius let us leave alone. A main difference betwixt men is, whether they attend their own affair or not. Man is that noble endogenous plant which grows, like the palm, from within outward. His own affair, though impossible to others, he can open with celerity and in sport. It is easy to sugar to be sweet and to nitre to be salt. We take a great deal of pains to waylay and entrap that which of itself will fall into our hands. I count him a great man who inhabits a higher sphere of thought, into which other men rise with labor and difficulty; he has but to open his eyes to see things in a true light and in large relations, whilst they must make painful corrections and keep a vigilant eye on many sources of error. His service to us is of like sort. It costs a beautiful person no exertion to paint her image on our eyes; yet how splendid is that benefit! It costs no more for a wise soul to convey his quality to other men. And every one can do his best thing easiest. "Peu de moyens, beaucoup d'effet." He is great who is what he is from nature, and who never reminds us of others.
But he must be related to us, and our life receive from him some promise of explanation. I cannot tell what I would know; but I have observed there are persons who, in their character and actions, answer questions which I have not skill to put. One man answers some question which none of his contemporaries put, and is isolated. The past and passing religions and philosophies answer some other questions. Certain men affect us as rich possibilities, but helpless to themselves and to their times,- the sport perhaps of some instinct that rules in the air;- they do not speak to our want. But the great are near; we know them at sight. They satisfy expectation and fall into place. What is good is effective, generative; makes for itself room, food and allies. A sound apple produces seed,- a hybrid does not. Is a man in his place, he is constructive, fertile, magnetic, inundating armies with his purpose, which is thus executed. The river makes its own shores, and each legitimate idea makes its own channels and welcome,- harvests for food, institutions for expression, weapons to fight with and disciples to explain it. The true artist has the planet for his pedestal; the adventurer, after years of strife, has nothing broader than his own shoes.
Our common discourse respects two kinds of use or service from superior men. Direct giving is agreeable to the early belief of men; direct giving of material or metaphysical aid, as of health, eternal youth, fine senses, arts of healing, magical power and prophecy. The boy believes there is a teacher who can sell him wisdom. Churches believe in imputed merit. But, in strictness, we are not much cognizant of direct serving. Man is endogenous, and education is his unfolding. The aid we have from others is mechanical compared with the discoveries of nature in us. What is thus learned is delightful in the doing, and the effect remains. Right ethics are central and go from the soul outward. Gift is contrary to the law of the universe. Serving others is serving us. I must absolve me to myself. "Mind thy affair," says the spirit:- "coxcomb, would you meddle with the skies, or with other people?" Indirect service is left. Men have a pictorial or representative quality, and serve us in the intellect. Behmen* and Swedenborg saw that things were representative. Men are also representative; first, of things, and secondly, of ideas.
As plants convert the minerals into food for animals, so each man converts some raw material in nature to human use. The inventors of fire, electricity, magnetism, iron, lead, glass, linen, silk, cotton; the makers of tools; the inventor of decimal notation; the geometer; the engineer; the musician,- severally make an easy way for all, through unknown and impossible confusions. Each man is by secret liking connected with some district of nature, whose agent and interpreter he is; as Linnaeus, of plants; Huber, of bees; Fries, of lichens; Van Mons, of pears; Dalton, of atomic forms; Euclid, of lines; Newton, of fluxions.
A man is a centre for nature, running out threads of relation through every thing, fluid and solid, material and elemental. The earth rolls; every clod and stone comes to the meridian: so every organ, function, acid, crystal, grain of dust, has its relation to the brain. It waits long, but its turn comes. Each plant has its parasite, and each created thing its lover and poet. Justice has already been done to steam, to iron, to wood, to coal, to loadstone, to iodine, to corn and cotton; but how few materials are yet used by our arts The mass of creatures and of qualities are still hid and expectant. It would seem as if each waited, like the enchanted princess in fairy tales, for a destined human deliverer. Each must be disenchanted and walk forth to the day in human shape. In the history of discovery, the ripe and latent truth seems to have fashioned a brain for itself. A magnet must be made man in some Gilbert*(2), or Swedenborg, or Oerstad, before the general mind can come to entertain its powers.
If we limit ourselves to the first advantages, a sober grace adheres to the mineral and botanic kingdoms, which, in the highest moments, comes up as the charm of nature,- the glitter of the spar, the sureness of affinity, the veracity of angles. Light and darkness, heat and cold, hunger and food, sweet and sour, solid, liquid and gas, circle us round in a wreath of pleasures, and, by their agreeable quarrel, beguile the day of life. The eye repeats every day the first eulogy on things,- "He saw that they were good." We know where to find them; and these performers are relished all the more, after a little experience of the pretending races. We are entitled also to higher advantages. Something is wanting to science until it has been humanized. The table of logarithms is one thing, and its vital play in botany, music, optics and architecture, another. There are advancements to numbers, anatomy, architecture, astronomy, little suspected at first, when, by union with intellect and will, they ascend into the life and reappear in conversation, character and politics.
But this comes later. We speak now only of our acquaintance with them in their own sphere and the way in which they seem to fascinate and draw to them some genius who occupies himself with one thing, all his life long. The possibility of interpretation lies in the identity of the observer with the observed. Each material thing has its celestial side; has its translation, through humanity, into the spiritual and necessary sphere where it plays a part as indestructible as any other. And to these, their ends, all things continually ascend. The gases gather to the solid firmament: the chemic lump arrives at the plant, and grows; arrives at the quadruped, and walks; arrives at the man, and thinks. But also the constituency determines the vote of the representative. He is not only representative, but participant. Like can only be known by like. The reason why he knows about them is that he is of them; he has just come out of nature, or from being a part of that thing. Animated chlorine knows of chlorine, and incarnate zinc, of zinc. Their quality makes his career; and he can variously publish their virtues, because they compose him. Man, made of the dust of the world, does not forget his origin; and all that is yet inanimate will one day speak and reason. Unpublished nature will have its whole secret told. Shall we say that quartz mountains will pulverize into innumerable Werners, Von Buchs and Beaumonts, and the laboratory of the atmosphere holds in solution I know not what Berzeliuses and Davys?
Thus we sit by the fire and take hold on the poles of the earth. This quasi omnipresence supplies the imbecility of our condition. In one of those celestial days when heaven and earth meet and adorn each other, it seems a poverty that we can only spend it once: we wish for a thousand heads, a thousand bodies, that we might celebrate its immense beauty in many ways and places. Is this fancy? Well, in good faith, we are multiplied by our proxies. How easily we adopt their labors! Every ship that comes to America got its chart from Columbus. Every novel is a debtor to Homer. Every carpenter who shaves with a fore-plane borrows the genius of a forgotten inventor. Life is girt all round with a zodiac of sciences, the contributions of men who have perished to add their point of light to our sky. Engineer, broker, jurist, physician, moralist, theologian, and every man, inasmuch as he has any science,- is a definer and map-maker of the latitudes and longitudes of our condition. These roadmakers on every hand enrich us. We must extend the area of life and multiply our relations. We are as much gainers by finding a new property in the old earth as by acquiring a new planet.
We are too passive in the reception of these material or semi-material aids. We must not be sacks and stomachs. To ascend one step,- we are better served through our sympathy. Activity is contagious. Looking where others look, and conversing with the same things, we catch the charm which lured them. Napoleon said, "You must not fight too often with one enemy, or you will teach him all your art of war." Talk much with any man of vigorous mind, and we acquire very fast the habit of looking at things in the same light, and on each occurrence we anticipate his thought.
Men are helpful through the intellect and the affections. Other help I find a false appearance. If you affect to give me bread and fire, I perceive that I pay for it the full price, and at last it leaves me as it found me, neither better nor worse: but all mental and moral force is a positive good. It goes out from you, whether you will or not, and profits me whom you never thought of. I cannot even hear of personal vigor of any kind, great power of performance, without fresh resolution. We are emulous of all that man can do. Cecil's saying of Sir Walter Raleigh, "I know that he can toil terribly," is an electric touch. So are Clarendon's portraits,- of Hampden, "who was of an industry and vigilance not to be tired out or wearied by the most laborious, and of parts not to be imposed on by the most subtle and sharp, and of a personal courage equal to his best parts";- of Falkland, "who was so severe an adorer of truth, that he could as easily have given himself leave to steal, as to dissemble." We cannot read Plutarch without a tingling of the blood; and I accept the saying of the Chinese Mencius: "A sage is the instructor of a hundred ages. When the manners of Loo are heard of, the stupid become intelligent, and the wavering, determined."
This is the moral of biography; yet it is hard for departed men to touch the quick like our own companions, whose names may not last as long. What is he whom I never think of? Whilst in every solitude are those who succor our genius and stimulate us in wonderful manners. There is a power in love to divine another's destiny better than that other can, and, by heroic encouragements, hold him to his task. What has friendship so signal as its sublime attraction to whatever virtue is in us? We will never more think cheaply of ourselves, or of life. We are piqued to some purpose, and the industry of the diggers on the railroad will not again shame us.
Under this head too falls that homage, very pure as I think, which all ranks pay to the hero of the day, from Coriolanus and Gracchus down to Pitt, Lafayette, Wellington, Webster, Lamartine. Hear the shouts in the street! The people cannot see him enough. They delight in a man. Here is a head and a trunk! What a front! what eyes! Atlantean shoulders, and the whole carriage heroic, with equal inward force to guide the great machine! This pleasure of full expression to that which, in their private experience, is usually cramped and obstructed, runs also much higher, and is the secret of the reader's joy in literary genius. Nothing is kept back. There is fire enough to fuse the mountain of ore. Shakespeare's principal merit may be conveyed in saying that he of all men best understands the English language, and can say what he will. Yet these unchoked channels and floodgates of expression are only health or fortunate constitution. Shakespeare's name suggests other and purely intellectual benefits.
Senates and sovereigns have no compliment, with their medals, swords and armorial coats, like the addressing to a human being thoughts out of a certain height, and presupposing his intelligence. This honor, which is possible in personal intercourse scarcely twice in a lifetime, genius perpetually pays; contented if now and then in a century the proffer is accepted. The indicators of the values of matter are degraded to a sort of cooks and confectioners, on the appearance of the indicators of ideas. Genius is the naturalist or geographer of the supersensible regions, and draws their map; and, by acquainting us with new fields of activity, cools our affection for the old. These are at once accepted as the reality, of which the world we have conversed with is the show.
We go to the gymnasium and the swimming-school to see the power and beauty of the body; there is the like pleasure and a higher benefit from witnessing intellectual feats of all kinds; as feats of memory, of mathematical combination, great power of abstraction, the transmutings of the imagination, even versatility and concentration,- as these acts expose the invisible organs and members of the mind, which respond, member for member, to the parts of the body. For we thus enter a new gymnasium, and learn to choose men by their truest marks, taught, with Plato, "to choose those who can, without aid from the eyes or any other sense, proceed to truth and to being." Foremost among these activities are the summersaults, spells and resurrections wrought by the imagination. When this wakes, a man seems to multiply ten times or a thousand times his force. It opens the delicious sense of indeterminate size and inspires an audacious mental habit. We are as elastic as the gas of gunpowder, and a sentence in a book, or a word dropped in conversation, sets free our fancy, and instantly our heads are bathed with galaxies, and our feet tread the floor of the Pit. And this benefit is real because we are entitled to these enlargements, and once having passed the bounds shall never again be quite the miserable pedants we were.
The high functions of the intellect are so allied that some imaginative power usually appears in all eminent minds, even in arithmeticians of the first class, but especially in meditative men of an intuitive habit of thought. This class serve us, so that they have the perception of identity and the perception of reaction. The eyes of Plato, Shakespeare, Swedenborg, Goethe, never shut on either of these laws. The perception of these laws is a kind of metre of the mind. Little minds are little through failure to see them.
Even these feasts have their surfeit. Our delight in reason degenerates into idolatry of the herald. Especially when a mind of powerful method has instructed men, we find the examples of oppression. The dominion of Aristotle, the Ptolemaic astronomy, the credit of Luther, of Bacon, of Locke;- in religion the history of hierarchies, of saints, and the sects which have taken the name of each founder, are in point. Alas! every man is such a victim. The imbecility of men is always inviting the impudence of power. It is the delight of vulgar talent to dazzle and to blind the beholder. But true genius seeks to defend us from itself. True genius will not impoverish, but will liberate, and add new senses. If a wise man should appear in our village he would create, in those who conversed with him, a new consciousness of wealth, by opening their eyes to unobserved advantages; he would establish a sense of immovable equality, calm us with assurances that we could not be cheated; as every one would discern the checks and guaranties of condition. The rich would see their mistakes and poverty, the poor their escapes and their resources.
But nature brings all this about in due time. Rotation is her remedy. The soul is impatient of masters and eager for change. Housekeepers say of a domestic who has been valuable, "She had lived with me long enough." We are tendencies, or rather, symptoms, and none of us complete. We touch and go, and sip the foam of many lives. Rotation is the law of nature. When nature removes a great man, people explore the horizon for a successor; but none comes, and none will. His class is extinguished with him. In some other and quite different field the next man will appear; not Jefferson, not Franklin, but now a great salesman, then a road-contractor, then a student of fishes, then a buffalo-hunting explorer, or a semi-savage Western general. Thus we make a stand against our rougher masters; but against the best there is a finer remedy. The power which they communicate is not theirs. When we are exalted by ideas, we do not owe this to Plato, but to the idea, to which also Plato was debtor.
I must not forget that we have a special debt to a single class. Life is a scale of degrees. Between rank and rank of our great men are wide intervals. Mankind have in all ages attached themselves to a few persons who either by the quality of that idea they embodied or by the largeness of their reception were entitled to the position of leaders and law-givers. These teach us the qualities of primary nature,- admit us to the constitution of things. We swim, day by day, on a river of delusions and are effectually amused with houses and towns in the air, of which the men about us are dupes. But life is a sincerity. In lucid intervals we say, "Let there be an entrance opened for me into realities;*(3) I have worn the fool's cap too long." We will know the meaning of our economies and politics. Give us the cipher, and if persons and things are scores of a celestial music, let us read off the strains. We have been cheated of our reason; yet there have been sane men, who enjoyed a rich and related existence. What they know, they know for us. With each new mind, a new secret of nature transpires; nor can the Bible be closed until the last great man is born. These men correct the delirium of the animal spirits, make us considerate and engage us to new aims and powers. The veneration of mankind selects these for the highest place. Witness the multitude of statues, pictures and memorials which recall their genius in every city, village, house and ship:-

"Ever their phantoms arise before us,
Our loftier brothers, but one in blood;
At bed and table they lord it o'er us
With looks of beauty and words of good."

How to illustrate the distinctive benefit of ideas, the service rendered by those who introduce moral truths into the general mind?- I am plagued, in all my living, with a perpetual tariff of prices. If I work in my garden and prune an apple-tree, I am well enough entertained, and could continue indefinitely in the like occupation. But it comes to mind that a day is gone, and I have got this precious nothing done. I go to Boston or New York and run up and down on my affairs: they are sped, but so is the day. I am vexed by the recollection of this price I have paid for a trifling advantage. I remember the peau d'ane on which whoso sat should have his desire, but a piece of the skin was gone for every wish. I go to a convention of philanthropists. Do what I can, I cannot keep my eyes off the clock. But if there should appear in the company some gentle soul who knows little of persons or parties, of Carolina or Cuba, but who announces a law that disposes these particulars, and so certifies me of the equity which checkmates every false player, bankrupts every self-seeker, and apprises me of my independence on any conditions of country, or time, or human body,- that man liberates me; I forget the clock. I pass out of the sore relation to persons. I am healed of my hurts. I am made immortal by apprehending my possession of incorruptible goods. Here is great competition of rich and poor. We live in a market, where is only so much wheat, or wool, or land; and if I have so much more, every other must have so much less. I seem to have no good without breach of good manners. Nobody is glad in the gladness of another, and our system is one of war, of an injurious superiority. Every child of the Saxon race is educated to wish to be first. It is our system; and a man comes to measure his greatness by the regrets, envies and hatreds of his competitors. But in these new fields there is room: here are no self-esteems, no exclusions.
I admire great men of all classes, those who stand for facts, and for thoughts; I like rough and smooth, "Scourges of God," and "Darlings of the human race." I like the first Caesar; and Charles V, of Spain; and Charles XII, of Sweden; Richard Plantagenet; and Bonaparte, in France. I applaud a sufficient man, an officer equal to his office; captains, ministers, senators. I like a master standing firm on legs of iron, wellborn, rich, handsome, eloquent, loaded with advantages, drawing all men by fascination into tributaries and supporters of his power. Sword and staff, or talents sword-like or staff-like, carry on the work of the world. But I find him greater when he can abolish himself and all heroes, by letting in this element of reason, irrespective of persons, this subtilizer and irresistible upward force, into our thought, destroying individualism; the power so great that the potentate is nothing. Then he is a monarch who gives a constitution to his people; a pontiff who preaches the equality of souls and releases his servants from their barbarous homages; an emperor who can spare his empire.
But I intended to specify, with a little minuteness, two or three points of service. Nature never spares the opium or nepenthe, but wherever she mars her creature with some deformity or defect, lays her poppies plentifully on the bruise, and the sufferer goes joyfully through life, ignorant of the ruin and incapable of seeing it, though all the world point their finger at it every day. The worthless and offensive members of society, whose existence is a social pest, invariably think themselves the most ill-used people alive, and never get over their astonishment at the ingratitude and selfishness of their contemporaries. Our globe discovers its hidden virtues, not only in heroes and archangels, but in gossips and nurses. Is it not a rare contrivance that lodged the due inertia in every creature, the conserving, resisting energy, the anger at being waked or changed? Altogether independent of the intellectual force in each is the pride of opinion, the security that we are right. Not the feeblest grandame, not a mowing idiot, but uses what spark of perception and faculty is left, to chuckle and triumph in his or her opinion over the absurdities of all the rest. Difference from me is the measure of absurdity. Not one has a misgiving of being wrong. Was it not a bright thought that made things cohere with this bitumen, fastest of cements? But, in the midst of this chuckle of self-gratulation, some figure goes by which Thersites too can love and admire. This is he that should marshal us the way we were going. There is no end to his aid. Without Plato we should almost lose our faith in the possibility of a reasonable book. We seem to want but one, but we want one. We love to associate with heroic persons, since our receptivity is unlimited; and, with the great, our thoughts and manners easily become great. We are all wise in capacity, though so few in energy. There needs but one wise man in a company and all are wise, so rapid is the contagion.
Great men are thus a collyrium to clear our eyes from egotism and enable us to see other people and their works. But there are vices and follies incident to whole populations and ages. Men resemble their contemporaries even more than their progenitors. It is observed in old couples, or in persons who have been housemates for a course of years, that they grow like, and if they should live long enough we should not be able to know them apart. Nature abhors these complaisances which threaten to melt the world into a lump, and hastens to break up such maudlin agglutinations. The like assimilation goes on between men of one town, of one sect, of one political party; and the ideas of the time are in the air, and infect all who breathe it. Viewed from any high point, this city of New York, yonder city of London, the Western civilization, would seem a bundle of insanities. We keep each other in countenance and exasperate by emulation the frenzy of the time. The shield against the stingings of conscience is the universal practice, or our contemporaries. Again, it is very easy to be as wise and good as your companions. We learn of our contemporaries what they know without effort, and almost through the pores of the skin. We catch it by sympathy, or as a wife arrives at the intellectual and moral elevations of her husband. But we stop where they stop. Very hardly can we take another step. The great, or such as hold of nature and transcend fashions by their fidelity to universal ideas, are saviors from these federal errors,*(4) and defend us from our contemporaries. They are the exceptions which we want, where all grows like. A foreign greatness is the antidote for cabalism.
Thus we feed on genius, and refresh ourselves from too much conversation with our mates, and exult in the depth of nature in that direction in which he leads us. What indemnification is one great man for populations of pigmies! Every mother wishes one son a genius, though all the rest should be mediocre. But a new danger appears in the excess of influence of the great man. His attractions warp us from our place. We have become underlings and intellectual suicides. Ah! yonder in the horizon is our help;- other great men, new qualities, counterweights and checks on each other. We cloy of the honey of each peculiar greatness. Every hero becomes a bore at last. Perhaps Voltaire was not bad-hearted, yet he said of the good Jesus, even, "I pray you, let me never hear that man's name again." They cry up the virtues of George Washington,- "Damn George Washington!" is the poor Jacobin's whole speech and confutation. But it is human nature's indispensable defence. The centripetence augments the centrifugence. We balance one man with his opposite, and the health of the state depends on the see-saw.
There is however a speedy limit to the use of heroes. Every genius is defended from approach by quantities of unavailableness. They are very attractive, and seem at a distance our own: but we are hindered on all sides from approach. The more we are drawn, the more we are repelled. There is something not solid in the good that is done for us. The best discovery the discoverer makes for himself. It has something unreal for his companion until he too has substantiated it. It seems as if the Deity dressed each soul which he sends into nature in certain virtues and powers not communicable to other men, and sending it to perform one more turn through the circle of beings, wrote, "Not transferable" and "Good for this trip only," on these garments of the soul. There is somewhat deceptive about the intercourse of minds. The boundaries are invisible, but they are never crossed. There is such good will to impart, and such good will to receive, that each threatens to become the other; but the law of individuality collects its secret strength: you are you, and I am I, and so we remain.
For nature wishes every thing to remain itself; and whilst every individual strives to grow and exclude and to exclude and grow, to the extremities of the universe, and to impose the law of its being on every other creature, Nature steadily aims to protect each against every other. Each is self-defended. Nothing is more marked than the power by which individuals are guarded from individuals, in a world where every benefactor becomes so easily a malefactor only by continuation of his activity into places where it is not due; where children seem so much at the mercy of their foolish parents, and where almost all men are too social and interfering. We rightly speak of the guardian angels of children. How superior in their security from infusions of evil persons, from vulgarity and second thought! They shed their own abundant beauty on the objects they behold. Therefore they are not at the mercy of such poor educators as we adults. If we huff and chide them they soon come not to mind it and get a self-reliance; and if we indulge them to folly, they learn the limitation elsewhere.
We need not fear excessive influence. A more generous trust is permitted. Serve the great. Stick at no humiliation. Grudge no office thou canst render. Be the limb of their body, the breath of their mouth. Compromise thy egotism. Who cares for that, so thou gain aught wider and nobler? Never mind the taunt of Boswellism: the devotion may easily be greater than the wretched pride which is guarding its own skirts. Be another: not thyself, but a Platonist; not a soul, but a Christian; not a naturalist, but a Cartesian; not a poet, but a Shakespearean. In vain, the wheels of tendency will not stop, nor will all the forces of inertia, fear, or of love itself hold thee there. On, and forever onward! The microscope observes a monad or wheel-insect among the infusories circulating in water. Presently a dot appears on the animal, which enlarges to a slit, and it becomes two perfect animals. The ever-proceeding detachment appears not less in all thought and in society. Children think they cannot live without their parents. But, long before they are aware of it, the black dot has appeared and the detachment taken place. Any accident will now reveal to them their independence.
But great men:- the word is injurious. Is there caste? Is there fate? What becomes of the promise to virtue? The thoughtful youth laments the superfoetation of nature. "Generous and handsome," he says, "is your hero; but look at yonder poor Paddy, whose country is his wheelbarrow; look at his whole nation of Paddies." Why are the masses, from the dawn of history down, food for knives and powder? The idea dignifies a few leaders, who have sentiment, opinion, love, self-devotion; and they make war and death sacred;- but what for the wretches whom they hire and kill? The cheapness of man is every day's tragedy. It is as real a loss that others should be as low as that we should be low; for we must have society.
Is it a reply to these suggestions to say, Society is a Pestalozzian school: all are teachers and pupils in turn? We are equally served by receiving and by imparting. Men who know the same things are not long the best company for each other. But bring to each an intelligent person of another experience, and it is as if you let off water from a lake by cutting a lower basin. It seems a mechanical advantage, and great benefit it is to each speaker, as he can now paint out his thought to himself. We pass very fast, in our personal moods, from dignity to dependence. And if any appear never to assume the chair, but always to stand and serve, it is because we do not see the company in a sufficiently long period for the whole rotation of parts to come about. As to what we call the masses, and common men,- there are no common men. All men are at last of a size; and true art is only possible on the conviction that every talent has its apotheosis somewhere. Fair play and an open field and freshest laurels to all who have won them! But heaven reserves an equal scope for every creature. Each is uneasy until he has produced his private ray unto the concave sphere and beheld his talent also in its last nobility and exaltation.
The heroes of the hour are relatively great; of a faster growth; or they are such in whom, at the moment of success, a quality is ripe which is then in request. Other days will demand other qualities. Some rays escape the common observer, and want a finely adapted eye. Ask the great man if there be none greater. His companions are; and not the less great but the more that society cannot see them. Nature never sends a great man into the planet without confiding the secret to another soul.
One gracious fact emerges from these studies,- that there is true ascension in our love. The reputations of the nineteenth century will one day be quoted to prove its barbarism. The genius of humanity is the real subject whose biography is written in our annals. We must infer much, and supply many chasms in the record. The history of the universe is symptomatic, and life is mnemonical. No man, in all the procession of famous men, is reason or illumination or that essence we were looking for; but is an exhibition, in some quarter, of new possibilities. Could we one day complete the immense figure which these flagrant*(5) points compose! The study of many individuals leads us to an elemental region wherein the individual is lost, or wherein all touch by their summits. Thought and feeling that break out there cannot be impounded by any fence of personality. This is the key to the power of the greatest men,- their spirit diffuses itself. A new quality of mind travels by night and by day, in concentric circles from its origin, and publishes itself by unknown methods: the union of all minds appears intimate; what gets admission to one, cannot be kept out of any other; the smallest acquisition of truth or of energy, in any quarter, is so much good to the commonwealth of souls. If the disparities of talent and position vanish when the individuals are seen in the duration which is necessary to complete the career of each, even more swiftly the seeming injustice disappears when we ascend to the central identity of all the individuals, and know that they are made of the substance which ordaineth and doeth.
The genius of humanity is the right point of view of history. The qualities abide; the men who exhibit them have now more, now less, and pass away; the qualities remain on another brow. No experience is more familiar. Once you saw phoenixes: they are gone; the world is not therefore disenchanted. The vessels on which you read sacred emblems turn out to be common pottery; but the sense of the pictures is sacred, and you may still read them transferred to the walls of the world. For a time our teachers serve us personally, as metres or milestones of progress. Once they were angels of knowledge and their figures touched the sky. Then we drew near, saw their means, culture and limits; and they yielded their place to other geniuses. Happy, if a few names remain so high that we have not been able to read them nearer, and age and comparison have not robbed them of a ray. But at last we shall cease to look in men for completeness, and shall content ourselves with their social and delegated quality. All that respects the individual is temporary and prospective, like the individual himself, who is ascending out of his limits into a catholic existence. We have never come at the true and best benefit of any genius so long as we believe him an original force. In the moment when he ceases to help us as a cause, he begins to help us more as an effect. Then he appears as an exponent of a vaster mind and will. The opaque self becomes transparent with the light of the First Cause.
Yet, within the limits of human education and agency, we may say great men exist that there may be greater men. The destiny of organized nature is amelioration, and who can tell its limits? It is for man to tame the chaos; on every side, whilst he lives, to scatter the seeds of science and of song, that climate, corn, animals, men, may be milder, and the germs of love and benefit may be multiplied.


«Les Juifs utiles» ou l’éternel retour. (Source: Libertyvox.com)

Il est une catégorie d’êtres humains qui hérisse la Rédaction de Libertyvox. Hitler les appelait les “Juifs Utiles”, Staline en faisait grand usage et notre bonne gauche française semble en avoir autant que les djihadistes des kamikazes. A la faveur de l’appel de Libération pour la défense de Morin, David Dawidowicz a décidé de leur régler leur compte. Âmes sensibles s’abstenir!

«Tes fils accourent; tes destructeurs et tes démolisseurs sortiront du milieu de toi»
(Isaïe, le prophète annonçant le rétablissement d’Israël)

Daniel Ben Saïd, Rony Brauman, Suzanne de Brunhoff, Liliane Cardova-Kaczeginsky, Marc Cramer, Joss Dray, Rachel Garbaz, Gisèle Halimi, Samuel Johsua, Francis Kahn, Pierre Khalfa, Hubert Krivine, Isabelle Kzwykowski, Dominique Lévy, Henri Maler, Willy Rozenbaum, Nicolas Shushani, Catherine Samary, Michèle Sibony, Pierre Vidal-Nacquet, Olivia Zémor ont en commun d’être juifs. Juifs de circonstance occasionnellement juifs, juste le temps de cosigner un article anti-israélien, mais toujours et avant tout communistes, quelle que soit leur chapelle dans le grouillement de l’idéologie gauchiste. C’est ce que j’ai découvert dans l’article paru dans le Monde du 6 avril 2002 intitulé «Soutenir Israël? Pas en notre nom».

À cette brochette d’obsédés pathologiques de l’antisionisme, il n’aurait manqué qu’une signature, celle de Maxime Rodinson, autre ennemi du sionisme. Mais deux raisons en expliquent l’absence: cet homme était déjà mort, ce qui me semble une raison suffisante, mais il faut ajouter que, fidèle au fondamentalisme marxiste selon lequel les Juifs, qui ne sont qu’une classe sociale, n’existent pas plus en tant que religion qu’en en tant que peuple, il avait au moins la probité intellectuelle de ne jamais s’exprimer en tant que Juif. C’est un choix qui, pour être discutable, n’en est pas moins respectable. Voilà une honnêteté qui fait cruellement défaut à ces juifs intermittents, révolutionnaires en chambre qui manient la signature comme d’autres la voiture piégée; les deux se complètent du reste.

Mais pourquoi donc revenir sur cet article vieux de 3 ans? C’est qu’il n’a rien perdu de son actualité.

Les signataires illustrent ce phénomène que l’on nommait sous le Troisième Reich les «Juifs utiles», ceux que l’on épargnait momentanément car ils rendaient encore service. Certes, pour ces Juifs de la période tragique, il ne s’agissait pas d’un libre choix mais d’une chance de gagner du temps dans l’espoir ténu de survivre à l’horrible régime. Ces juifs-là n’étaient que des otages en sursis.

Mais sans jamais utiliser cette dénomination, c’est le communisme sous toutes ses formes qui a le plus largement utilisé et utilise encore ce genre de juifs, à la différence près que cette fois-ci, ils agissaient ou agissent davantage par conviction que par opportunisme ou nécessité. Ayant abandonné leur identité et leur culture juive pour n’être plus que des communistes, ils furent relativement nombreux dans les rangs révolutionnaires russes et ont grandement contribué à la prise du pouvoir bolchevik de 1917. Puis, devenant moins utiles, Staline, après avoir fait déporter son rival
Lev Bronstein Dawidowicz, dit «Trotski», qu’il fit par la suite assassiner au Mexique en 1940, élimina peu à peu les Juifs du Parti et de l’appareil d’Etat, généralement à sa manière, c'est-à-dire par quelques procès truqués, accusations mensongères et éliminations physiques. Cela ne contribua pas peu à la réactivation du vieil antisémitisme russe, mais aussi à une prise de conscience identitaire chez les Juifs «d’en bas», chez ceux qui ne souscrivaient pas au système ou n’accédaient pas à la nomenklatura ou plus simplement parce que leur «nationalité juive» qui figurait sur leur passeport, sans leur conférer un territoire national, les exposait à l’antisémitisme ambiant entretenu par l’Etat.

Un Litvinov, commissaire du peuple aux affaires étrangères, devenant momentanément inopportun, mais prudemment gardé en réserve, donc en vie, fut remplacé par
Molotov, plus présentable en tant qu’«aryen», lorsqu’il s’est agi de négocier le pacte germano-soviétique de 1939. Un chef d’Etat communiste ne pouvait tout de même pas imposer au nazi Von Ribbentrop un interlocuteur juif! Puis, le même Litvinov fut ressorti de sa trappe pour représenter l’URSS aux Etats-Unis après la rupture par Hitler du pacte germano-soviétique. Le système communiste aux abois avait alors besoin d’un Juif utile pour amadouer les Américains. De même, après l’effondrement du système nazi, les militants communistes d’origine juive furent fort utiles à Staline pour mettre en place, dans les pays satellites, des gouvernements sous tutelle soviétique jusqu’au jour où, n’étant plus d’une grande utilité, ou que leur «qualité» de juif rendait le pouvoir communiste impopulaire, ils furent à leur tour victimes dans leurs pays, du glacis soviétique, de procès truqués selon le modèle moscovite.

Cela n’empêchait pas les communistes et leurs compagnons de route «progressistes» des pays occidentaux de soutenir aveuglement la «patrie du prolétariat», récusant grâce à l’alibi fourni par les supplétifs communistes juifs, toute accusation d’antisémitisme de la part de l’URSS.

Ainsi dans les pays bourgeois de l’Occident, gare à celui qui osait critiquer les méthodes staliniennes ou même douter des bienfaits du régime! Aussitôt, la meute communiste, renforcée par les sympathisants et compagnons de route, se ruait sur le blasphémateur, un peu comme le font de nos jours les protestataires contre la récente condamnation du Monde pour écrits antisémites de Morin, Sallenave and Co.

Jean Paul Sartre, qui alors pensait à notre place, comme le font encore les «penseurs» professionnels du Monde Diplomatique, se fendait d’une pièce de théâtre satirique pour dénoncer comme imposteur Kravtchenko, cet ingénieur transfuge de l’Union Soviétique qui avait «choisi la liberté» en Occident. Or, Sartre connaissait la vérité, mais il mentait «pour ne pas désespérer Billancourt», choisissant ainsi de désespérer les goulags. Et lorsque l’immortel Staline, miné par la paranoïa et l’alcool, approchait enfin du terme de sa vie, il parut tellement incroyable et inconcevable qu’un tel surhomme pût mourir comme un vulgaire mortel, qu’aussitôt il fut question, comme récemment pour un Yasser Arafat canonisé par Chirac, d’un complot ourdi par une brochette de médecins pour assassiner le «génial petit père des peuples».

Ce fut le fameux Procès des Blouses Blanches, juifs pour la plupart. Et lorsque l’Occident accusa l’Union Soviétique d’antisémitisme, les journaux publièrent des déclarations collectives signées par des médecins, intellectuels communistes et compagnons de route, à grand renfort de militants et sympathisants «progressistes» juifs devenus utiles en la circonstance, jurant les grands dieux que ces médecins moscovites avaient bel et bien attenté à la vie de Staline. Nous étions déjà en plein délire.

Parmi les noms de ces «témoins» signataires, je me souviens encore du Dr Leibovici, bourgeois cossu des beaux quartiers, au demeurant plutôt sympathique, que je connaissais pour m’avoir un jour opéré. Lorsque j’eus l’occasion de lui demander de quelle preuve il disposait pour affirmer que les «Blouses Blanches» étaient coupables, il me répondit « Rien! Mais je fais confiance au Parti. Le doute ne peut que servir les objectifs des impérialistes ennemis de l’URSS. Souviens-toi que sans l’URSS, le monde serait aujourd’hui sous la domination nazie et tu serais déjà parti en fumée».

Alors, des «pieux» mensonges de Sartre pour ne pas désespérer Billancourt, couvrant ainsi les crimes communistes dont il devenait complice de fait… aux mensonges et falsifications de la meute anti-israélienne, couvrant ainsi les crimes terroristes arabo-islamistes dont ils se rendent complices, existe-il une différence de nature?

Parmi les actuels pétitionnaires de Libé contre la condamnation des menteurs et diffamateurs du Monde, condamnation qui met mal à l’aise les menteurs et faussaires de Libération et autres Nouvel Obs ou Marianne, peut-être quelques-uns d’entre eux, suffisamment âgés, étaient-ils naguère «témoins» à charge contre les Blouses Blanches et protestaient-ils avec indignation contre l’accusation d’antisémitisme dans ce Procès.

Tiens! je relève dans «l’appel de Libération» la signature de Pierre Vidal-Nacquet, nullement gêné de joindre son nom à ceux de quelques fachos notoires et de quelques négationnistes.

Ce Pierrot là, même s’il n’est qu’un gauchiste dans les normes, mérite une mention particulière. Lui qui a naguère si vigoureusement combattu le négationnisme qualifié d’extrême droite, n’a pas hésité, par fidélité à son idéologie, à devenir à son tour un négationniste contre Israël dans un Atlas Historique édité sous sa direction par Hachette en 1987. Ce bouquin est illustré d’une carte du Proche-Orient indiquant les diverses ethnies ou religions peuplant cette région. En se référant à la légende, on situe les Chiites, les Sunnites, les Druzes, les Chrétiens, les Alaouites et puis, à l’emplacement d’Israël, difficile à déchiffrer, c’est la mention Palestine qui est inscrite sur le maigre espace de l’Etat d’Israël. Or, devinez quelle est la religion de cet espace israélien? Réponse: Sunnite! Donc musulmane (voir la carte). Israël, par le tour de passe-passe du truqueur gauchiste, est Judenrein, nettoyé de toute présence juive. Vidal-Nacquet les a rejetés à la mer, réalisant ainsi sur le papier, en attendant «mieux», le vieux rêve de Hussein Amin , de Choukeiri , d’Arafat et du Hamas . Certes, ce fond de couleur sunnite est moucheté de petits points rouges, telle une vilaine maladie de la peau, que la légende désigne par «kibboutzim». L’étudiant qui ferait confiance à Vidal-Nacquet ne saurait jamais que ce pays est peuplé de Juifs et se demanderait quelle est cette étrange ethnie appelée «kibboutzim». Sprechen Sie Kibbutzich? Do you speak Kibbutzic?

Dans son avant-propos de l’Atlas, Vidal-Nacquet écrit «il y a des cartes qui n’ont pas besoin d’un long contrepoint textuel». On ne saurait mieux dire. Cette affirmation, véritable aveu, mérite de figurer sous sa carte
(Document original scanné de mauvaise qualité)



Il aura fallu le dérapage antisémite du Monde pour «apprendre», en dépit du négationnisme de Vidal-Nacquet, que ce sont les Juifs, et non des «kibboutzim» ou des «sunnites» qui constituent la majorité de l’Etat d’Israël. Notons bien qu’en 1987, date de l’édition en cause, Israël était gouverné par la gauche travailliste. Sharon, bouc émissaire des antisémites de gauche, était dans l’opposition.

Du reste, ce Vidal-Nacquet n’en est pas à une imposture près. En décembre 2000, il lançait une pétition pour rouvrir les dossiers des crimes français en Algérie. Ah le grand cœur! Ah l’homme assoiffé de justice! Ah l’historien scrupuleux en quête perpétuelle de la vérité historique! Ah le justicier pourchassant les tortionnaires! Mais neuf ans auparavant, estimant que le temps ayant fait son oeuvre, il s’érigeait en défenseur d’une amnistie pour faits liés à une autre guerre coloniale. Contradiction? Que nenni! Constance dans la vertu à géométrie variable. En 1991, il s’agissait d’éviter des poursuites à
Georges Boudarel, ce militant communiste français qui, s’étant mis au service du Vietminh, avait «tourmenté» les officiers français prisonniers en Indochine. Ceux qui ont «séjourné» dans les camps de prisonniers de guerre appellent ce genre d’individus des traîtres. Ceux qui ont goûté aux camps de concentration appelaient ça des kapos. Mais ils sont comme ça, les ardents pourfendeurs d’Israël. Un kapo ou un traître, pourvu qu’il soit communiste, est au-dessus de ces jugements mesquins de petits-bourgeois attardés.

Cela répond à la perplexité de mes amis devant ces agitateurs gauchistes juifs appuyant les campagnes anti-israéliennes aux relents d’antisémitisme. Ils s’étonnent de trouver des Juifs parmi les ennemis d’Israël et apportant leur soutien à l’idéologie palestinienne. C’est qu’un militant communiste, quelle que soit son obédience ou sa chapelle, n’est plus un Juif, un Chrétien, un Arabe ou un Français; il est communiste; il a changé de religion et d’identité, il est mentalement prisonnier d’un dogme; Le communisme est désormais sa «Oumma» qui transcende les clivages nationaux. Cela expliquerait pourquoi on passe si aisément du communisme stalinien ou trotskiste au fondamentalisme islamiste; cela expliquerait aussi le nombre de convertis à l’islam djihadiste venus des rangs trotskistes. Ce n’est qu’un changement de totalitarisme, ces convertis ne s’y sentent donc pas dépaysés… Roger Garaudy, ex-membre du comité central du PCF, ou «Carlos», serial killer appointé par le Kremlin, en sont des célèbres illustrations.

En 1939, lorsque Staline, devenu l’allié d’Hitler, va lui fournir tout le carburant, les matières premières et la sécurité sur son flanc oriental pour l’aider à liquider la Pologne et à se ruer ensuite sur la Hollande, la Belgique et la France, on peut affirmer que l’URSS était devenue notre ennemie. Or, Maurice Thorez, secrétaire Général du Parti Communiste Français, déserte l’armée française et s’enfuit à Moscou pour se mettre au service de l’URSS, alliée de l’Allemagne nazie. A-t-il trahi la France et les Français? Pas plus ni moins qu’un des nombreux Georges Boudarel du sérail communiste. Dans la vision d’un communiste, le seul crime inexpiable serait de trahir le Parti. Le F. (français) du P.C.F ne fut donc qu’une imposture. Alors il en va de même pour cette minable petite cohorte gauchiste, se proclamant juifs juste le temps d’une nuisance antijuive. De quoi auraient l’air une Sallenave ou un Pascal Boniface ou encore une Leïla Shahid sans l’appoint d’un quelconque supplétif juif? Un Edgar Morin, Juif utile, est bien l’homme qu’il faut pour ce genre de service.

Que ces cocos ne viennent surtout pas nous raconter que leur démarche est dictée par la compassion et la quête de justice pour le peuple palestinien. Ou alors, il s’agit d’une compassion bien étriquée et exclusive. Elle ne s’est jamais manifestée en faveur des dizaines de millions de victimes du bolchevisme léniniste, trotskiste, stalinien, maoïste ou polpotiste. Jamais en faveur des centaines de milliers de Tchétchènes victimes de la répression meurtrière de l’ex-URSS, jamais pour les millions de victimes du racisme anti-noir arabe du Soudan, ni pour les infortunés habitants de l’Aceth, soumis au racket et aux effroyables exactions de l’armée indonésienne. Elle ne se manifestera jamais en faveur des centaines de millions de femmes victimes du machisme des abrutis obsédés sexuels dans l’islam, jamais pour les otages assassinés par les narco-marxistes d’Amérique du Sud, jamais en faveur des victimes du totalitarisme Castriste, jamais non plus contre la colonisation du Tibet par la Chine communiste. Ni José Bové, ni la Sallenave, pas plus que cette Olivia Zémor, juive d’un jour, n’y ont jamais fourré leur nez.

Curieusement, leur sens de l’humain ne se manifeste de façon fracassante que lorsque le prétendu oppresseur est américain ou surtout juif. Les autres victimes n’ayant pas la chance d’avoir des oppresseurs juifs, les Sallenave, Pascal Boniface, Edgar Morin, Olivia Zémor et autres zigotos psychopathes gauchistes, obsédés par les Juifs, sont en panne d’encre pour signer des manifestes dénonçant les oppresseurs de ces peuples relégués dans l’oubli et devenus des «causes orphelines».

Faites donc un test: cherchez laquelle des causes défendues ou ayant été défendues par nos gauchistes et autres humanistes pro palestiniens , permet aux sujets qu’elle prétend avoir libérés, de pratiquer la religion de leur choix, en dehors de celle obligatoire imposée par le pouvoir, de choisir son parti politique en dehors du parti imposé. Laquelle de ces causes a aboli la peine de mort, établi l’égalité absolue entre les hommes et les femmes, offert la pleine liberté d’association, accordé la liberté d’expression, permis aux francs-maçons d’ouvrir une Loge? Ce sont pourtant là des critères de «bonne conduite» démocratique et de respect des droits de l’homme.

Mais nos totalitaires ont tellement réussi à marquer les consciences au fer rouge de la dichotomie droite- gauche, la vertu étant bien entendu de gauche et la droite suspecte de tous les vices cachés, que cette vision imposée devient un instrument de chantage contre un public pris en otage. Même les Juifs constamment agressés et fustigés et acculés à la défensive par un Pascal Boniface pour leur manque d’enthousiasme à se joindre aux ramassis pro-palestiniens, hésitent à se référer à des auteurs qui sont favorables aux Juifs et à Israël, mais dont le seul tort est d’être étiquetés de droite ou «politiquement incorrect». Qui oserait se référer à Maurice Dantec ou à Oriana Fallacci? Pourtant, ces auteurs qualifiés de «sulfureux» par nos bobos bien pensants, n’ont jamais atteint la virulence et la mauvaise foi des signataires de l’article «Le Cancer» complaisamment publié par Le Monde en 2002. Ils n’ont jamais mystifié leurs lecteurs par des montages ou des photos falsifiés comme l’ont maintes fois fait Libération ou certaines chaînes télé publiques ou «franco-allemande». Alors merde à ces imposteurs stalinoïdes s’érigeant en donneurs de leçons de vertu.

Très modestement, même s’il doit se priver de quelques plumes de valeur mais trop soucieux de leur avenir politique, et quitte à perdre quelques abonnés frileux, Libertyvox ose ce que les timorés n’osent pas: chercher la vérité, chercher les réponses là où elles se trouvent, sans se laisser impressionner par les chiens qui aboient... La devise de Libertyvox pourrait être «Fais ce que dois, advienne que pourra». Les timorés, pour leur part, s’y prennent un peu comme cet ivrogne de la blague qui, de nuit, cherche au pied d’un lampadaire sa clé qu’il sait avoir perdue ailleurs parce que là, c’est éclairé. C’est plus rassurant et plus confortable.

Mais les imposteurs qui ont encore l’impudence de prétendre gouverner nos pensées, ne perdront jamais leur impudence. Louis Aragon, le chantre du communisme, leur a déjà prévu un émouvant plaidoyer:

Qu’on nous trompe, qu’on nous leurre
Nous donnant le mal pour bien
Celui qui n’en savait rien
Et qui pour mal le bien tient
N’est-ce pas pour le bien qu’il meurt ?
(Louis Aragon)

Moyennant quoi, un gauchiste n’est jamais coupable.

L’ennui, c’est que tout «cloche» dans ce «psaume» du vieux stalinien non repenti: 1) Nul de ceux que nous fustigeons ne peut prétendre être «celui qui n’en savait rien». 2) Celui qui prétend que c’est «pour le bien qu’il meurt» ne fait que mourir par kamikaze ou djihadiste interposé. Nos mystificateurs faussaires gauchistes peuvent nous tromper à répétition mais ne peuvent mourir à répétition. N’est-t-il dès lors pas plus facile et plus gratifiant de chanter la mort délibérée des «désespérés», des «démunis», de «ceux qui n’ont rien à perdre»? Eux, les «en tant que», les «penseurs à notre place», les «damnés de la terre», les «forçats de la faim» meurent généralement dans leur lit des suites d’une surcharge pondérale ou d’intempérance.

David Dawidowicz pour Libertyvox

Notes:

1: Grand Muphti de Jérusalem ayant initié le terrorisme anti-juif dans les années 1929-1933. Réfugié chez Hitler, il endosse l’uniforme SS à la tête d’une légion musulmane spécialisée dans les «nettoyages ethniques» en Yougoslavie. C’est la grande figure de la «Résistance» palestinienne. Il est aussi le grand père de Leila Shahid, fidèle ambassadrice de Yasser Arafat en France. Quelle belle cause gauchiste!

2: Dirigeant des Palestiniens avant Yasser Arafat. À la veille de la guerre des Six Jours, sûr de la défaire d’Israël, il annonçait que les Juifs qui auront eu la chance de survivre seront rejetés à la mer.

3: La charte du Hamas prévoit que les Juifs seront tous expulsés de la «Palestine» et l’entité «Sioniste» d’Israël gommée de la carte.

4: Quelques «bonnes» causes: URSS, Chine communiste, Vietminh, Cambodge khmer rouge, Algérie du FLN, OLP Autorité palestinienne, Cuba, Sentiers Lumineux, Farc etc…